|
|
|
|
|
Le
site où se déroula la bataille du mas de Cauvy :
un
lieu de mémoire menacé ?
|
A deux pas d'Alès se déroula la bataille du mas de Cauvy (ou mas Cauvy), qui fut la première victoire importante remportée par les camisards. Le mas de Cauvy est aujourd'hui une propriété agricole avec un camping à la ferme fréquenté par de nombreux étrangers (Belges, Hollandais et Allemands). Le site est bordé par le domaine du Rouret, lieu planté d'arbres tricentenaires pour certains, qui s'étale sur une dizaine d'hectares. Un
projet d'aménagement est en cours d'étude actuellement,
suscitant l'inquiétude de certains habitants de St-Christol
quand au devenir du site. Nous pensons qu'il est de notre rôle
de donner la parole aux tenants comme aux opposants de ce projet,
en souhaitant que, quelle que soit l'option urbanistique choisie au
final, le maximum soit fait pour que les lieux soient le moins possible
dénaturés, et que la mémoire de cet épisode
important de la guerre des camisards soit préservée. |
|
Le
site de la bataille. Au fond le mas de Cauvy |
Le toit du mas de Cauvy. Dans le lointain, à 6 ou 700 mètres, le château de Montmoirac (photo Frédéric Ribes) |
|
La bataille du mas de Cauvy Le 23 décembre 1702 (dans les premiers temps de l'insurrection camisarde donc), Cavalier, et sa troupe, décident de célébrer Noël par une assemblée dans la prairie d'Alès. Le comte de Broglie était parti vers Génolhac avec une troupe importante, et les camisards, après avoir brûlé les églises de Salindres et de St-Privat-des-Vieux, traversent le Gardon et s'installent à proximité du mas Cauvy (ou mas de Cauvy) et du mas Rouge. Le gouverneur d'Alès, le chevalier d'Aiguines, réunit alors toutes les troupes restantes, soldats de bourgeoisie et nouvelles recrues essentiellement, et en tête de sa troupe, suivi de 60 cavaliers et de 2 à 400 fantassins, se dirige vers les camisards. Cavalier, qui aurait eu largement le temps de s'enfuir, "ayant eu quelque inspiration qui lui promettait la victoire" nous dit Abraham Mazel, décide de combattre. Il renvoie les "civils" venus pour l'assemblée, et place ses hommes (60 en tout d'après Mazel, ce qui nous parait sous-estimé), par groupes de quinze derrière un retranchement naturel qui d'après Cavalier lui-même dans ses mémoires "couvrirait notre détachement, nous mettant à l'abri de la cavalerie et des coups de fusil, et empêcherait l'ennemi de découvrir notre petit nombre". Quelques hommes tirent en voltigeurs les premiers coups de fusil sur la cavalerie, qui réplique, mais qui est prise aussitôt sous le feu nourri des camisards embusqués. Les cavaliers marquent un temps d'hésitation, et les camisards sortent de leur retranchement en chantant des psaumes et les chargent : les cavaliers font alors volte-face, bousculant l'infanterie qui les suit, et tous de s'enfuir, en proie à une terreur panique, poursuivis par les camisards. Une partie des soldats se réfugient au château de Montmoirac tout proche, d'autres au château de St-Christol, d'autres enfin courent jusqu'à Alès. Le bilan est sévère, une vingtaine de morts du côté royal probablement, et montre bien la peur que ces paysans, mal armés mais tellement déterminés, inspiraient aux soldats. (d'après Itinéraires protestants, tome 2 L'espace gardois, Presses du Languedoc)
Photo d'Alain Gas (extraite de La guerre des Cévennes d'Henri Bosc, Presses du Languedoc) |
|
Photo Frédéric Ribes |
La stèle commémorative est implantée en bordure de la route à 5 mètres de la chaussée sur le "Chemin du Mas Cauvy" qui passe entre le mas Cauvy et le stade du Rouret. A partir de la "Pyramide" à St Christol les Alès prendre la route de Montpellier, à 200 m tourner à gauche sur la route du mas Rouge, suivre cette voie dans toute sa longueur puis continuer tout droit sur la route de Montèze pendant 100 métres tourner à gauche sur le chemin du mas Cauvy et continuer tout droit en passant entre le stade et le mas Cauvy. Description
du monument:
|
|
Le
château de Montmoirac où se réfugièrent
les soldats de la bourgeoisie d'Alès |
|
|
Cette
curieuse petite brochure, imprimée à Nîmes en
1947, a sa couverture percée d'une fenêtre laissant apparaître
le château de Montmoirac. L'auteur est un certain lieutenant
Trouchaud, qui déclare dans sa préface qu'il a découvert
"en consultant des vieux grimoires de son oncle, Monsieur Destremx
de St Christol... quelques détails forts (sic) intéressants
sur un combat dirigé par Jean Cavalier". Combat, ajoute-t-il
"qui se déroule en plein centre de ma petite propriété
Cévenole". |
![]() |
Merci
à Jean-Claude Ribes qui nous a fourni une partie des photos
et informations de cette page consacrée au mas de Cauvy