|
Au cours
du "grand brûlement des Cévennes" de l'automne
1703, destiné à couper gîte et couvert aux camisards,
un très grand nombre de mas cévenols (essentiellement
dans plus d'une trentaine de paroisses du diocèse de Mende) furent
brûlés. Si dans certaines paroisses, les demeures des "anciens
catholiques" et des "nouveaux convertis" sûrs ont
pu être épargnés, comme à St-Etienne-Vallée-Française
où le curé Mingaud dit que grâce à son intercession
une centaine de demeures furent épargnées, dans d'autres
par contre, elles furent toutes brûlées. Les propriétaires
s'en plaignirent, et obtinrent le droit de se faire rembourser les dégats
commis par les troupes royales, comme ils avaient déjà
obtenu droit à remboursement pour ce qui avait été
détruit par les camisards. A cette fin ils déposèrent
un "dossier" devant les subdélégués de
Bâville, comprenant une liste détaillée des dégâts
ainsi que les circonstances où ils avaient été
commis. Une vérification sur le terrain par des experts la plupart
du temps commis d'office avait lieu ensuite. Ces dossiers sont conservés
aux archives départementales de l'Hérault, et sont une
mine pour le chercheur, en particulier pour l'histoire locale, mais
aussi pour une analyse de la production agricole de l'époque,
pour le matériel employé, les noms "occitans"de
ce matériel, etc. Une quinzaine de gros cartons, comprenant chacun
sans doute près de 2000 pages manuscrites, sont ainsi accessibles,
mais le manque d'un inventaire détaillé se fait dûrement
sentir (cartons C252 à C268). Un classement des archives effectué
probablement au cours du 19e siècle baptisa ce fond "Religion,
ravage des protestants" comme on peut le voir ci-dessous. D'autres
transcriptions suivront, mais en attendant qu'un inventaire ou une publication
complets soient effectués, ce serait bien si des volontaires
pouvaient nous venir en aide: Pierre ROLLAND pour me contacter : PierreHenri.Rolland@wanadoo.fr |
|
|