Mgr de Lalande au sujet du nommé Pierre Larguier

Archives municipales de St-Jean-du-Gard
EE2 25

 

Archives municipales de St-Jean-du-Gard
EE2.25.
[Ponctuation et accentuation rajoutées]

23e febvr et 1er
octobre 1705

Mgr de Lalande
au sujet du nommé
Pierre Larguier de St
André de Lancize qui
a rendu ses armes
et en a indiqué qu'il
y en aurait entre
les mains du sieur du
Pradal de lad. paroisse
en conséquence l'ai
fait conduire a St
Estienne à Mr de Bassompré
Pour fere fere la .....
payé 36 L

No LXXVI
Vériffié

Monseigneur
Le nommé Pierre Larguier de Saint André de
Lancise diocèse de Mende quy avoit suivy les
rebelles, et en suitte rendeu ses armes à feu
m'est veneu trouver aujourd'huy et advoué
avoir encorre une bayonnete ; lequel m'a
déclaré que le sr du Pradal de ladite paroisse
avoit un fuzil, deux pistollets et une épée
cachés dans ladite paroisse de Saint André ;
J'ay d'abord fait conduire ce garçon par
deux mignons à Saint Estienne pour le
remetre à M. de Bassompré commandant
afin qu'il fit arrester led. Sr du Pradal
pour avoir lesd. armes ; sy j'avois esté
à portée comme uy je luy aurois esvitté
cette peine, je n'ay pas vouleu manquer
d'en informer vostre grandeur et de
l'assurer que je vous suis d'un très
profond respect
Monseigneur,
Vostre très humble et très
obéissant serviteur
Lefebvre
A St Jean ce 22 féb. 1705

J'ay donné la suite de vos ordres à M
Le Tonche commandant à Saint Jean un estat
des prisonniers quy sont icy qu'il vous
envoye, j'avais mandé à Mgr de Basville
leur interrogatoire, j'attendois sa réponce
[écriture de Lefebvre]

Si l'on est assuré que ledit sr de Pradal
que je ne connois point ait des armes, il n'y aura
qu'à le faire arrester, mais il faudra examiner
si ce Pierre Larguier qui l'a dénoncé n'est point
un fripon ou un faux tesmoin, à Allais
le 23 février 1705 du deffand de lalande

Interrogatoire d’Antoine Térond

Archives municipales de St-Jean-du-Gard
GG38 (4)

 

Archives municipales de St-Jean-du-Gard
GG38. [Ponctuation, majuscules et accentuation rajoutées]

13e janvier 1705
Interrogatoire d'Antoine
Térond des Vanels
parroisse de Vébron
L'an mil sept cens cinq et du treizième janvier par devant
Monsieur Lefebvre subdélégué de monseigneur
l'intendant
Anthoine Thérond facteur de laines du lieu des
Vanels parroisse de Vébron diocèze de Mande agé
de trente cinq ans ou environ, après avoir pretté
seremant la main mize sur les Saints Evangilles
a promis dire vérité
Interrogé du subjet pourquoy il est en prizon
depuis quel temps et par quy il a esté aresté
A répondu qu'il fut aresté il y a environ huit
jours par un détachement de Froulay au mas de
la Barnarié paroisse de St Jean travaillant de
son mestier ne sachant pourquoy
Interrogé s'il n'est vray qu'il a servy depuis environ
deux ans et demy les rebelles à sa majesté, s'il n'a
phanatisé avec eux, presché en divers lieux
et aussi a pleuzieurs massacres, meurtres
sacrillèges, incendies et autres choses
défendues par les lois divines et humaines
avec port d'armes
A répondu et desnié l'interrogatoire
Interrogé s'il n'est vray qu'il a cashé plusieurs
armes et s'il ne sest mesmes ou il y en a
de cashées des autres rebelles et qu'il aye à
nous le déclarer
A répondu et desnié l'interrogatoire
Interrogé depuis quel temps il est dans ce pays
A répondu qu'il y est depuis environ quatre
ans
Interrogé où at-il resté depuis ce temps là et ce qu'il a fait
A répondu qu'il a toujours resté dans led
lieu de Crosgarenc et au mas de la Bannarie
travaillant de son métier et n'avoir jamais
suivy aucune assemblée, a dit ne savoir signer.

27e janvier 1705
Interrogatoire de
David Gaubert du lieu
de Planque parroisse
de Mandagout

feut arresté le 14e jeanvier
1705 et a esté eslargy
le 8 mars aud. an

Interrogatoire
L'an mil sept cents cinq et du
mardi vingt septième janvier dans
la salle basse du château de Saint
Jean de Gardonnenque par devant
nous Marc Anthoine Lefebvre
docteur es droit et commre subdélégué
de Monseigneur l'Intendant heure
de huit de matin,
Avons fait mener devant nous
un prisonnier remis dans les prisons
dud. château lequel a esté interrogé
de son nom, surnom, age, qualité
demeure et religion, a repondeu
comme s'ensuit
David Gaubert du lieu de la Planque
parroisse de Mandagout diocèse
d'Allais âgé de vingt cinq ans
nouveau converti, après avoir presté
seremant la main mise sur les
Saints Esvangilles a promis et
juré dire vérité.
Interrogé pour quel subjet il est
en prison et despuis quel temps
A répondeu qu'il y a environ
quinze jours que s'en allant chez lui
passant audit Saint Jean il y fut
arresté par la sentinelle de la porte
du pied de ville, et admené à M.
le major de Froulay commandant audit
Saint Jean, lequel le fit mettre en
prison,
Interrogé d'où est ce qu'il venoit
quand il arriva aud. Saint Jean
et où il allaoit,
A respondeu qu'il venoit de Saint
Ypolite où il avait resté environ
quatre mois prisonnier dans le fort
d'où il ft eslargy et qu'il s'en allait
chez son père audit lieu de Mandagout
Et lui ayant esté représanté
que le chemin qu'il venait de passer
Icy lors qu'il sortit des prisons de St
Ypolite n'estoit pas cellui qu'il
debvoit prendre pour s'en aller chez
luy, d'autant que quand il estoit qu'à
quatre lieues et qu'estant veneu de
Saint Ypolite icy il a fait quatre
lieues ; et ce trouve presantement
esloigné de chez lui d'environ sept
lieues ; et qu'il faut qu'il soit
coupable et qu'il ne dize pas la
véritté
A répondeu qu'il croyoit estre plus
court de chez luy en passant icy
et qu'il ne cognoit pas le pays
Interrogé du subjet pourquoy il
avoit esté mis en prison au fort
de Saint Ypolite où il fut arresté
et despuis quel temps
A respondeu qu'il fut arresté
il y a environ quatre mois aud. St
Ypolite pour estre acuzé d'avoir esté
aux assamblées des rebelles, et
voyant son inossance il fut eslargy
de mesmes que de la citadelle de
Montpelier où il fut aussi mis en
prison il y a environ un an et demy
acuzé d'estre phanatique où il resta
environ cinq ou six mois après
lesquels il fut mis en liberté.
Interogé s'il n'est vray qu'il a
suivy les rebelles à sa Majesté portant
les armes avec eux et s'il n'a
presché et phanatizé et acisté avec
eux à plusieurs meurtres sacrillèges
et incendies et aux assemblées
illicittes contre les ordres du Roy
A respondeu et desnyé l'interrogatoire
Interrogé s'il ne scait où il y a
des armes, de poudre, et de plom
que les rebelles ont caché, et de
nous le déclarer
A respondeu qu'il a resté aud. lieu
de Mandagout chéz son père lequel
l'ayant mal traitté sans subjet
il y a environ quatre ou cinq mois
il fut obligé de quitter sa maison
et d'aller à Saint Ypolite pour s'en
plaindre à M. le gouverneur où il
fut arrester
Exorté de dire la véritté
A répondeu l'avoir ditte, recollé
il a persévéré et s'est signé de
chaque page
D. Gaubert

4e mars 1705

Lettre de Monseigneur
de Basville portant ordre
de mettre en liberté les
nommés Gaubert et Térond

n° N en trois pièces

A Montp. ce 4 mars 1705
J'ay receu votre lettre du premier de
ce mois. Je vous envoie les passeports que
vous me demandez.
Vous pouvez faire mettre en liberté les
nommés Gaubert et Thérond.
Faites en sorte que j'aie incessamment les
deux hommes que doit encor votre communauté
Je suis tout à vous Delamoignon

Estat des prisonniers qui sont à St Jean de Gardonnenque

Paroisse de Mialet
Envoyer a Montpelier

Archives municipales de St-Jean-du-Gard
GG38. [Ponctuation et accentuation rajoutées]

26e Xbre 1704
Estat des prizonniers
de St Jean de Gardonnenque

Estat des prisonniers qui sont à St Jean de Gardonnenque envoyé par le sieur Lefebvre premier consul à Mgr de Lalande, apostillié par ledit seigneur

Le nommé Dumas dit Fiscallet prédicant
acuzé d'avoir presché depuis sa soubmission


Le garder dans les prisons de
St Jean pour l'engager à
raporter les autres outils
et armes qu'il peut avoir

Jaques Blanc fils de l'armurier des camisards
lequel a remis à Mr le chevalier de Tiraqueau
Major du régiment de Froullay commandant à St Jean
quelques outils servant au métier de son père.
Il pourrait bien encore en avoir quelques unes
mais il n'a rien voulu advouer lors de son
interrogatoire


Paroisse de St Paul de la Coste
L'envoyer à Montper
ou à Anduze

Marie Ponge de Mandajors accusée de
fanatize journellement


La garder aux prisons de St Jean jusques à ce qu'elle ayt rendu les armes

Magdelaine La Garde, mère de ladite Ponge
a prezent femme de Pierre Laporte dit Le
Capellier d'Aigladines acuzée davoir des armes
cachées et dit scavoir


Donnera une caution scavoir
s'il est recogneu pour un méchant

Pierre Lafon d'Arbousses paroisse de Valfrancisque
agé de 70 ans qui fut pris chez lui avec
Jean Rouvière so[n oncle?] cachés dans la cave
par un détachement des troupes de S. Roman


Paroisse de Valfrancisque Ledit Rouvière ayant rendu ses armes s'il est capable de servir me le mander et s'il ne l'est pas Il faudra qu'il donne une caution de deux ou 300# en cas il manque
aux ordres du Roy, après quoy on poura le mettre en liberté

Jean Rouvière de Moissac nepveu de Pierre Lafon qui fut pris aud. Arbousses chez led. Lafon son oncle estant ensemble cashés dans une cave de sa maison. Led. Rouvière est camisard ne s'estant
soubmis à personne. Il a advoué avoir un fuzil, un pistollet, sept balles, six coups de poudre. Il estoit de la troupe de la Roze ayant remis tout audit sieur major qu'il envoya sercher par luy mesme conduit par un détachement dans un bois de lad. Paroisse


Faut scavoir
s'il est cogneu
& capable de
porter les armes
et s'informer de
la vie qu'il a fait

David Gaubert de la Planque paroisse de
Mandagout âgé de vingt cinq ans


fait aud. St Jean ce 26 Xbre 1704
Lefebvre premier consul signé

 

Ordonnance du maréchal de Villars du 20 août 1704

et testament d'habitants de Brouzet
déplacés à St-Jean-de-Ceyrargues

Image extraite de : Henri BOSC, La guerre des Cévennes, vol. IV page 256. 1ere colonne, lire Valcroze au lieu de Valcrese, Malataverne au lieu de Paula Taverne, Saussine, Suzon, le Puech en bas de la colonne.
2e colonne : lire les Plans au lieu de Esplans, St Just au lieu de St Vy, Marvejols au lieu de Marveies, Deaux au lieu de Dioux

 

Cette ordonnance enjoignait aux habitants de plusieurs paroisses environnant le mont Bouquet, et de la Gardonnenque jusqu'au portes d'Alès, de se retirer dans les villages fortifiés et gardés par les troupes royales.

Nous ne savions pas jusqu'à présent si cette ordonnance avait été suivie d'effet ou non. Grâce à deux documents retrouvés aux archives départementales du Gard par Maguy Calvayrac, et transcris par ses soins, nous savons que cette ordonnance a bien été suivie d'effet.

A noter les deux fils fugitifs de Madeleine Vincent : Abraham et Paul Blancher. L'un d'eux figure sur les listes de fugitifs de passage à Francfort étudiées par Mme Magdelaine : Paul Blanchet, cardeur de laine de Brouzet est assisté le 20 novembre 1687, venant de Genève et se rendant en Bradebourg.


Saint-Jean de Ceyrargues
AD30 notaire Jean Camroux, 2E 77-13

Testament
Au nom de Dieu soit fait ainsi, sachez tous présents et advenir que l'an mil sept cent quatre et le dix-huitième jour du mois d'octobre avant midi, Louis par la grâce de Dieu Roy de France et de Navarre regnant, devant moy notaire royal soubssigné, et témoins cy après nommés a esté présente Madeleine Vincent veuve de feu Gabriel Blancher du lieu de Brouzet, laquelle estant détentrice de maladie dans son lit, au lieu de Saint-Jean de Seyrargues dans la maison d'Antoine Espérandieu où elle est réfugiée par ordre de Monseigneur le maréchal de Villars, et voullant disposer des biens qu'il a plut à Dieu luy donner en ce monde, afin qu'entre ses enfants ny aye ni proces ni différents a fait son dernier testament, fait et ordonné ses dernières volontés en la forme noncupative comme suit, premièrement recommande son âme à Dieu le père le priant au nom et par la mort et passion de notre seigneur Jesus Christ son cher fils , lui vouloir faire miséricorde et lui pardonner toutes ses fautes et pêchés et lorsque son àme sera séparée de son corps, la vouloir recevoir dans son royaume celeste de paradis au nombre de ses bienheureux, voulant son corps estre enterré au cimetière de l'église paroissiale du lieu où elle décèdera
et venant aux légats donne et lègue aux pauvres du lieu de Brouzet, une emine bled mesure d'Allez payable un an après son décés par son héritier qui sera par elle ci après nommé, entre les mains des consuls dudit lieu pour estre par eux-même distribués
Item a donné et lègue à Simon Blancher son fils du lieu des Plans la somme de quinze livres payables un an après son décés
Item a donné et legue à Abram et Paul Blancher ses autres fils dudit feu Isac ( sic ) Blancher
Qui hors du royaume pour fait de religion, la somme de dix livres à chacun en cas qu'ils reviennent sous l'agrément du Roy qui leur sera payée un an après leur arrivée en France
Item a donné et lègue à Louise et Marie Souchonne, ses petites filles, filles de feu Isabeau Blanchère, sa fille femme à feu Antoine Souchon quand vivant du lieu de Brouzet, la somme de trois livres à chacune payable lorsqu 'elles seront âgées ou viendront se colloquer en mariage
Item donne à toute autre personne de sa parentté ayant ou prétendant droit la somme de cinq sols.. ..
Et parce que le chef et fondement d'un chacun et vallable testament est la constitution d'héritier ou d'héritière, à cette cause la dite Magdeleine Vincent testatrice a légué tous et chacun de ses autres biens et droits et actions biens meubles et immeubles présents et advenirs a fait et institué de sa propre bouche nommé pour son héritier universel savoir Moïse Blancher, maréchal du lieu de Brouzet son fils et dudit Isac Gabriel Blancher, pour de son héritage après la mort de la testatrice pouvoir disposer tant en la vie qu'à la mort déclare ladite testatrice qu'elle aurait baillé 100 livres à son fils Simon, payées au sieur Duclaux de Meillen que ledit feu Gabriel Blancher son mari lui devait de laquelle somme dedit Simon Blancher son fils lui a fait quittance audit Du Claud comme il aurait donné d'une dette de cinquante livres pour payer à Simon David boulanger de la ville d'Alès qu'elle lui devait …..
Cassant , révoquant et annullant tout autre testament, codicille ou donnation à cause de mort qu'elle pourrait si-devant avoir fait, voulant à présent demeurer en sa perpétuelle force à la vue des dits témoins qu'elle a mandés pour que des choses susdites ils soient mémoratifs et à quoi moi notaire royal sous signé institué en public pour estre fait et récité au dit lieu de St-Jean, dans la maison du sieur Antoine Espérandieu, les présents soussignés Pierre Gueydan ménager du lieu de Brouzet, Barthélémy Chapellier cardeur du lieu de Navacelles , Anthoine Algeras dudit Navacelles, Sieur Claude Brocher dudit Brouzet, Anthoine Gaidan dudit Navacelles, soussignés et Jean Simon fils d'autres Jean dudit St- Jean illeteré avec ladite testatrice comme on dit et moi Jean Camroux, notaire Royal dudit Saint-Maurice soussigné
GUEIDAN, CHAPELIER, BROCHER
GUEYDAN, ESPERANDIEU, ANGELRAS,
CAMROUX

AD30 Notaire Jean Camroux 2E 77 13
Testament
L'an mil sept cent quatre et le 10° jour du mois d'octobre après midi…
Etablis en personne M° Pierre Gueydan mesnager et Isabeau Bruguière mariès du lieu de Brouzet, lesquels estant en parfaite santé et réfugiés au présent lieu de Saint Jean de Seyrargues par ordre de Monseigneur le maréchal de Villars et sachant qu'il ny a rien de plus certain que la mort ni rien de plus incertain que l'heure d'icelle, premièrement recommande son âme à Dieu le père le priant au nom et par la mort et passion de notre Seigneur Jésus Christ son très cher fils luy vouloir faire miséricorde et pardonner toutes ses fautes et pêchers et lorsque leur âme sera séparée de leur corps les vouloir recevoir dans son paradis estant au nombre de ses bienheureux, voulant son corps estre entérré au cimetière de l'église paroissiale du lieu où il décèdera et venant aux légats ledit testateur donne et lègue premièrement aux pauvres du lieu de Brouzet une demi salmée bled mesure d'Allez payable un an après son décés entre les mains des consuls dudit lieu pour par eux estre distribué, et la dite Isabeau Bruguière leur donne pareillement demy salmée bled mescle qui veut estre payé comme dessus
Item la dite Isabeau Bruguière a donné et a légué à Isabeau Gaïdanne sa fille, femme de Anthoine Joyeux du lieu d'Auchabian la somme de cinquante livres outre et par dessus ce qu'il lui avait constitué lors de son mariage avec ledit Joyeux payable un an après son décés
Item ledit Me Gueydan a donné et lègue à Jacques et Simon Gueydan ses fils et à chacun d'eux la somme de vingt cinq livres payables un an après son décés
Et la dite Isabeau Bruguière donne à Jacques et Simon Gueydan ses fils et de Pierre Gueydan la somme de trente livres, savoir quinze livres chacun payable un an après son décés
Et parce que lechef et fondement d'un chacun et vallable testament est la constitution d'héritier ou d'héritière,
Pierre Gueydan a fait et institué de sa propre bouche a nommé pour son héritier universel et général scavoir Simon Gueydan son fils ayné , à la charge d'entretenir, nourrir, chauffer, et vêtir Isabeau Bruguière sa mère tant sene que malade et au cas qu'elle ne pourrait vivre avec son héritier veut qu'il luy paiera chaque année pendant sa vie une salmée bled thouzelle, deux barrals de vin pur , un pourceau de huit livres de valeur, deux cartes sel, un habit de cadis de maison et deux cannes d'huile pour le tout luy estre payé au commencement de l'année ;
et ladite Isabeau Bruguière a fait et institué de sa propre bouche pour son héritier universel et général Pierre Gueydan son mari pour de son héritage après la mort de la testatrice pouvoir disposer tant en la vie qu'à la mort ….[….]

Fait et récité audit lieu de Saint -Jean maison du sieur Jean Vigne du dit lieu où lesdits testateurs font leur demeure en présence de Sieur André Richard dudit Saint-Jean, Anthoine Angelras cordonnier, Pierre Simian ménager, Gabriel Olympe , Jacques Bruguier cardeur du lieu de Cal paroisse de Navacelle illetré et Moyse Blancher du lieu de Brouzet, la dite Bruguière illeterée comme on dit et le sieur Pierre Gueydan testateur signé et moi Jean Camroux notaire de Saint-Maurice requis de signer
#Approuvant la dite Bruguière la donnation de la moitié de ses biens que ledit Gueydan son mari avait fait à Simon Gueydan son fils ayné lors de son mariage avec Marguerite Darousine…
GUEYDAN , RICHARD
OLIMPE , ANGELRAS , SIMIAN ,BRUGUIERE
CAMROUX

Estat des habitants de St Jean quy ont Suivy les rebelles

Archives municipales de St-Jean-du-Gard
EE2 18

 

Archives municipales de St-Jean-du-Gard
EE2.18.
[Ponctuation et accentuation rajoutées]

2e juin 1704
Estat des habitants
De St Jean quy ont
Suivy les rebelles

N° xxiii
veriffié

Rolle des noms des habitants du lieu et
parroisse de st Jean de Gardonnenque quy suivent
ou ont suivi les troupes des camisards fait ce
second juin 1704

Jacques Donadieu dit Sourdet, Marie de la
Porte sa femme
Pierre Tournier et son fils
Daniel Grevoulet
Le nommé Caulet
Le fils de la veuve de Gaufre
Le nommé Corriger
Le fils d'Anthoine Deleuze et sa filhe
Henry Grevolet

Parroisse
Caderles

Deux fils de Roux, rentier de la Maline

Saliens et la Magne [Magdelaine]

Pierre Bourddairer de la Magdelaine viendra
se présenter avec ses garçons
Le fils de Jauvert

Luc

Lafon de Crusviel avec sa femme et ses enfants
viendront se présenter

Falguières

Le fils de Masel de Grand Cros
Le fils de Julien
Le fils de Mazelle la pupille
Jacques Cros le teissier
Le fils de Jacques Mazel appellé Abraham

Fait à St Jean de Gardonnenque led. Jour
Second juin mil sept cens quatre

Cissalières juge
Lefebvre pr. consul

Incendie du mas de la Fage à St-Martin-de-Boubaux


Le mas de la Fage, appartenant au nouveau converti David Bonnal, réfugié à Alès, a été brûlé par les soldats du maréchal Julien au cours du grand brûlement des Cévennes, le 1er ou le 2 décembre 1703. Cette photo montre l'état du mas de la Fage Haute entre les deux guerres mondiales (il avait été reconstruit après 1705). Actuellement, seules subsistent des ruines envahies par la végétation.

Malgré la redondance de certains paragraphes, nous publions ici l'intégralité du dossier.


AD34 C258
Nous Vincent Brès maire perpétuel de la paroisse de Lamelouse et François Verdier bourgeois dudit lieu experts .... nommés d'office par mr Antoine de Ribes avocat au parlement et subdélégué par monseigneur de Basville intendant de Languedoc par son appointement du vingt-quatre de ce mois pour procéder à la vérification et estimation des dommages soufferts par David Bonnail marchand du lieu de la Fage paroisse de St Martin de Boubaux diocèse dudit Mende à ses métairies situées audit lieu de la Fage, brûlées par ordre de mr de Julien lieutenant général commandant ci-devant au pays des Cévennes, lors dud brulement général fait audit pays des Cévennes et Gévaudan pour oter tous refuges aux scélérats et troupes rebelles à sa Majesté, ensemble à l'estimation des meubles et cabaux qui étaient à ladite métairie brûlés ou pillés, et autres dommages soufferts à raison de
Après avoir porté serment par devant ledit sieur de Ribes en la forme ordinaire, nous sommes tous portés audit lieu de la Fage, accompagnés d'Antoine Laval, François Verdier dud St Martin et d'une escorte à nous donnée pour la sureté de nos personnes, avons commencé par l'entrée de la métairie appartenant aud Bonnal appelée la Fage, le tout vu, vérifié et examiné exactement avons levé y avoir cinquante-trois canes sept pans de couvert brulé et dix membres que nous avons estimé quatorze livres la cane, considéré que les membres étaient couverts tant de bois que de pierre qui coutent beaucoup pour les faire tirer, et pour apporter par rapport à la longueur par rapport à l'éloignement les chemins étant fort mauvais, et encore de ce qu'il faut de grosses poutres et beaucoup de bois fort pour les tenir, à cause que ces sortes de couvert sont extrêmement pesants, se montant la somme de sept cents cinquante trois livres quinze sols, plus huitante trois canes cinq pans (de) planchiers huit cent trente six livres cinq sols, lesquels planchers ont été entièrement brûlés, plus trente sept portes et fenêtres brûlées qu'avons estimé trois livres pièce, l'une portant l'autre que montent deux cent vingt deux livres, plus trois cheminées entièrement brulées que avons estimé la somme de soixante livres, plus seize canes de murailles brûlées, savoir huit canes pierre sèche qu'avons estimé vingt quatre livres, et les huit canes calcinées à six livres la cane pour être les achaux éloignées montent quarante huit livres, plus nous étant transporté à l'autre métairie dud sieur Bonnail appelé le mas dauberguat par led la Fage une maison à deux membres contenant quatre canes du couvert à quatorze livres la cane montent cinquante six livres pour le plancher servant de claye à six livres la cane montant vint quatre livres, plus nous étant transportés à une métairie appelée les abeillères aussi proche led mas de la Fage, où il y a deux membres lun à trois étages et l'autre à deux y ayant découvert brulés, sept canes deux pans que avons estimé pareille somme de quatorze livres la cane monte nonante cinq livres quinze sols, pour les planches la somme de huitante cinq livres dix sols, y ayant quatre portes et trois fenêtres qu'avons estimé douze livres et avec une cheminée ruinée que avons estimé dix neuf livres et à l'égard des effets mentionnés dans la susd exposition, attendu que nous n'avons pas eu connaissance d'iceux, avons sur l'affirmation par serment du sieur Bonnail et de Antoine Laval son rentier, avons estimé iceux par rapport à leur qualité, comme s'ensuit premièrement trente ruches à miel renversées et pillées jugeant etre de valeur de trois livres pièce, nonante livres, à la cuisine proche le portal ont dit y avoir pris une paire landiers pesant huitante livres qu'avons estimé seize livres, une broche une livre, un garderobe bois noyer à deux portes avec ses ferrements douze livres, un grand banc alentour de la cheminée qu'avons estimé six livres, un bassinoir avons estimé deux livres dix sols, une chaise de commodité garnie qu'avons estimé six livres, six autres chaises de saule garnies de paille qu'avons estimé trois livres, un bois de lit noyer qu'avons estimé six livres, une marfegue (paillasse) toile grise, deux livres et une couverte le tout dix sept livres, un cabinet bois noyer fermé à clef de valeur de dix livres, à coté où était le grenier à foin led sieur Bonnal et Laval ayant dit y avoir huitante quintals que avons estimé huitante livres, à la chambre sur le portal y avait pour les valets un lit bois noyer, une marfegue paille et deux linceuls une couverte qu'ont estimé huit livres, au second membre à la plus basse estage y avait six brebis et deux chèvres, qu'avons estimé vingt livres, un lit pour le berger trois livres, au second membre qui servait de cuisine, y avait un garderobe fermé à clef pour tenir les viandes, avons estimé dix livres, deux mets à pétrir que avons estimé dix livres, un placard que avons estimé quatre livres, une table bois noyer qu'avons estimé six livres, six chaises garnies de paille trois livres, deux pots étain ouvré et vaisselle cinq livres, un petit paire landiers fers pesant douze livres que avons estimé deux livres huit sols, un poix romaine tire trois cent vingt livres qu'avons estimé douze livres, un grand banc alentour de la cheminée qu'on estime six livres, à l'autre département du soleil levant à la chambre joignant les précédents y avait le bois de deux lits noyers que avons estimé douze livres, six chaises de bois noyer que avons estimé six livres, au dessus de ladite chambre y avait deux caisses sapin fermées à clefs que avons estimé huit livres, le cabinet à coté de la chambre pour saler les pourceaux de huit pans de long six de largeur avec une porte fermée à clef que avons estimé dix livres, six aissades pour fossoyer la terre que avons estimé sept livres, cinq piques pour rompre les rochers que avons estimé six livres, deux haches six faucilles que avons estimé six livres, trois pilles à tenir huile tenant environ quatre cartal chacune que avons estimé neuf livres; au membre le joignant ou était la cave que led sieur Bonnal et Laval nous ont dit y avoir une cuve coulant quatre vaisseaux que avons estimé trente livres, un grenier bois noyer tenant douze salmées que avons estimé la somme de vint livres, deux coffres bois noyer ou cerisier fermant à clef que avons estimé douze livres, sept tonneaux de sept barrals chacun que avons estimé vingt une livres, trois teusairolles six livres, à la seconde estage qui servait à faire les vers à soie un grand garderobe fermé à clef que avons estimé vingt livres, trois plats que avons estimé six livres; au membre dessus l'écurie y avait de paille environ trente quintal que avons estimé quinze livres, revenant toutes les susd sommes des susd estimations jointes à la somme de deux mil sept cens septante quatre livres et trois sols dans lesquelles estimations n'avons pas compris les dommages injustes que led sieur Bonnal a souffert et souffre pour n'avoir pas pu jouir desd métairies à cause de cet incendie, ce qu'il ne pourra faire que lesd maisons ne soient remises, en tout ce dessus avons procédé le plus justement qui nous a été possible, fait aud mas de la Fage le vingt et unième novembre mil sept cens quatre

Monseigneur de la Moignon, chevalier conseiller d'estat ordinaire, intendant en Languedoc
Supplie humblement Sr david Bonnal, marchand du lieu de St Martin de Boubaux, habitant depuis dix-huit mois en la ville d'Alès, et vous représente que s'étant toujours distingué dans le service et le zèle de la religion, il aurait été obligé pour garantir sa vie de la fureur des rebelles de se retirer audit Alès avec toute son entière famille, en haine de quoi lesdits scélérats révoltés lui pillèrent et brûlèrent presque tout ce qu'il avait dans ladite paroisse de St Martin de Boubaux. Cependant, quoique distingué du nombre des Nouveaux Convertis par plusieurs décharges que vous lui avez fait la grâce de lui accorder sur plusieurs certificats de fidélité qui vous ont paru, on n'a pas resté que de le traiter sans distinction avec beaucoup de rigueur dans l'exécution des ordres de Sa Majesté et de lui faire brûler ce qui lui restait encore après le brûlement des rebelles. Ce qui fait qu'il se trouve aujourd'hui hors d'état de pouvoir faire subsister sa famille et dépourvu de beaucoup de denrées qui lui ont été brûlées avec ses dites maisons et effets, en telle sorte qu'à l'avenir connaissant la fidélité du suppliant vous lui ferez la grâce de l'indemniser de ce qui peut lui avoir été consumé par le feu ou enlevé par les attroupés. C'est pourquoi il a recours à vous, à ce qu'il vous plaise Monseigneur permettre au suppliant de faire procéder à une juste estimation de toutes ses maisons et effets et denrées qui lui ont été brûlées et enlevées et faire justice et le suppliant priera Dieu pour votre santé et prospérité.

Nous ordonnons que par le premier gradué requis que nous commettons à cet effet, il procède à la vérification du dommage en question, et que par experts royaux, ou en défaut qui seront par lui pris d'office il en sera fait estimation, pour le tout à nous pour être ordonné ce que de raison, fait à Montpelier le XVI janvier 1704
Delamoignon

L'an mil sept cent quatre et le vingt quatre jour du mois de novembre avant midi par moi Pierre Martin huissier et conseiller d'Alès y habitant soussigne à la requête du sieur David Bonnal marchand de la paroisse de St Martin, réfugié depuis deux ans en ladite ville d'Alès, j'ai donné assignation à Sr Vincent Brès maire perpétuel de la paroisse de Lamelouze et à François Verdier bourgeois dudit lieu, parlant à chacun d'eux trouvés en leur domicile audit Alès pour comparaitre ce jour d'hui heure de midi dans la maison de Mr Antoine de Ribes avocat en parlement, commissaire subdélégué de Mr de basville Intendant de la province du Languedoc pour prêter serment et être reçus et sermentés en la forme ordinaire pour procéder à la vérification des maisons, meubles, cabaux brûllés ou pillés audit sieur Bonnal en la paroisse de st Martin de Boubeaux, et leur ai baillé copie et déclaré que le sr Bonnal fera ses réquezions,
En foi de ce Martin

Verbail
L'an mil sept cens quatre et du lundi vingt deuxième jour du mois de novembre dans la ville d'Alès, maison et par devant nous Antoine de Ribes docteur et avocat au Parlement, commissaire député par monseigneur le comte de Basville conseiller d'estat ordinaire, intendant en Languedoc, heure de huit du matin
A comparu sieur David Bonnal marchand de la paroisse de St Martin de Boubaux, réfugié dans cette ville depuis environ deux ans, lequel nous a exposé que monsieur de Julien lieutenant général des armées du Roy aurait fait brûler le 26e octobre de l'année dernière toutes les maisons et métairies qui sont dans la paroisse dudit St Martin de Boubaux, afin que lesdites maisons ne servissent pas d'asile ni retraite aux rebelles. Cependant comme il n'est pas juste que ledit sieur Bonnal ne fut indemnisé du dommage qu'il a souffert dans cette occasion, tant à l'égard du brûlement de ses métairies situées au lieu de la Fage dépendant dudit St Martin de Boubaux, qu'à l'égard des meubles et effets qui lui furent aussi brûlés ou pillés, consistant en trente ruches à miel, une paire landiers, une broche, un garde-robe bois noyer, un grand banc alentour d'une cheminée, un bassinoir, une chaise de commodité, six chaises bois noyer, six autres chaises de saule garnies de paille, un bois de lit noyer, une paillasse, un autre cabinet bois noyer, quatre vingt quintaux de foin, autre lit bois noyer, autre paillasse, deux linceuls, une couverte, un lit pour le berger, un garderobe, un placard, une table bois noyer, autres six chaises garnies de paille, deux pots étain ouvré, un petit paire landiers fers, , un autre grand banc alentour d'une autre cheminée, autres deux bois de lit, six autres chaises bois noyer avait deux caisses sapin fermant à clefs, autre cabinet servant de saloir pour les pourceaux, six aissades pour fossoye, cinq picons pour rompre les rochers, deux haches, six faucilles, trois pilles à tenir huile, une cuve coulant quatre vaisseaux, un grenier bois noyer tenant douze salmées, deux coffres bois noyer ou cerisier fermant à clef, sept tonneaux tenant sept barrals chacun, trois teusairolles, un grand garderobe fermant à clef, trois plats d'étain et trente quintaux de paille, lesdits objets ou meubles étant en différentes chambres de sesdites métairies, et comme il est juste que l'exposant soit indemnisé de la perte et dommage qu'il souffre à cause de la perte desdits brûlement, enlèvement et autres ravages, il aurait présenté requeste devant mondit seigneur l'intendant à ce qu'il lui plut lui permettre la vérification et estimation d'iceux, sur laquelle mondit seigneur l'intendant aurait par son ordonnance du seizième janvier dernier commis le premier docteur gradué pour être procédé par experts royaux ou ci dessous pris par lui d'office, à la vérification et estimation dudit brûlement et dommages en question, et parce que nous sommes de la qualité requise, il nous présente ladite commission requis la recevoir suivant icelle, attendu que dans la paroisse de St Martin … avons nommé deux experts d'office pour procéder à la vérification et estimation dudit brûlement et enlèvement à lui fait tant à sa maison qu'en denrées et effets contenus en sa susdite exposition qu'il offre affirmer véritable, nommés d'office deux experts.
Nous conseiller, avons reçu notre commission avec honneur et révérence et en procédant au fait d'icelle, après avoir fait préter serment audit sieur Bonnal la main mise sur les saints évangiles, moyennant lequel il a assuré le contenu en la susdite exposition être véritable, avons nommé d'office en défaut d'experts royaux, Sr Vincent Brès maire en la paroisse de Lamelouze, et François Verdier dudit lieu pour procéder à la vérification et estimation du … des métairies dudit sieur Bonnail et des effets et cabaux énoncés en la susdite exposition, et à ces fins ordonné qu'ils seront assignés par devant nous pour … (illisible)
Du lundi vingt quatre jour du mois de novembre an susdit par devant nous conseiller heure de deux après midi
De Ribes, conseiller

A comparu derechef ledit sieur Bonnal, lequel nous a dit qu'en conséquence de l'appointement (?) par nous rendu ce jour d'hui aurait fait assigner lesdits sieur Brès et Verdier experts par nous pris d'office pour être par nous sermentés comme apert par l'exploit du susdit jour duement contrôlé requérant pour cet effet, et attendu qu'ils ont ici présents de leur reception pour experts sur les évangiles prêté serment
Nous commissaire avons reçu pour experts lesdits sieur Brès et Verdier, à iceux fait prester serment la main mise sur les saints évangiles de bien et fidèlement procéder au fait de leur commission, ce qu'ils nous ont promis de faire, et du tout en dresser leur relation pour nous la remettre
De Ribes, commissaire

Du Vingt sizième jour du mois de novembre en susdite maison et par devant nous commissaire heure de deux après midi
Ont comparu lesdits sieurs Brès et Verdier qui nous ont dit qu'en conséquence de l'appointement et commission à eux expédiée, ont procédé à l'estimation a eux commise, dont ils ont dressé leur relation ce jour d'hui qu'ils remettent, requérant leur en octroyer acte pour servir et valoir ainsi qu'il appartiendra,
Nous commissaire subdélégué, ayant égard à la réquisition des sieurs Brès et Verdier, avons octroyé acte de la remise de leur dite relation que nous avons joint à notre verbail, et avons renvoyé notre susdite commission par devant mon seigneur l'intendant pour en être par lui ordonné ce qu'il appartiendra
De Ribes commissaire

Incendie des maisons appartenant à Louis Labaume et à Pierre Michel

La façade du bâtiment principal du mas de La Baume

Parmi les propriétés de Louis Labaume, le "mas dudit Labaume où il faisait son domicile". C'est selon toute probabilité, le "La Baume" actuel, à deux pas du centre de St-Privat-de-Vallongue..



AD 34 C259

A Monseigneur de Lamoignon chevalier et conseiller d'Etat ordinaire intendant en Languedoc

Supplie très humblement les sieurs Louis Labaume et Pierre Michel habitant de St Privat de Vallongue au diocèse de Mende qui ont l'honneur de représenter à votre grandeur que quoiqu'ils soient nouveaux convertis, ils ne peuvent être distingués des anciens catholiques que pour la naissance, et vous représentent Monseigneur que ils sont réfugiés à St Germain de Calberte pour être fidèles à la religion catholique et à leur prince, et que dans le rasement des paroisses condamnées par ordre de sa majesté, les suppliants n'auraient eu le temps d'avoir recours à votre grandeur pour la conservation de leurs maisons les ayant abandonnées depuis longtemps pour se dérober de la fureur des malheureux attroupés ; et les troupes du roy étant venues auraient rasé et brûlé toutes leurs maisons, meubles et autres effets ont été pillés ou brûlés ; ainsi réduits à la misère eux et leurs familles à ce qui cause, monseigneur, que les suppliants ont recours à votre justice et à votre charité et la supplie très humblement qu'il lui plaise commettre le premier docteur gradué de incessament procéder à ladite vérification et estimation et d'en dresser leur relation leur ayant à cet effet remis entre leurs mains nosdits appts et exploits d'assignation et état des demandes desdits sieurs Michel et Labaume et la déposition des témoins faite devant nous
L'an mil sept cens quatre et le seizième jour du mois de mai heure de une après-midi, par devant nous commissaire subdélégué et dans notre maison d'habitation audit lieu de St-Germain,
Se sont encore présentés lesdits sieurs la Baume et Michel qui nous ont dit que lesdits messieurs Verdelhan, Espaniac et Teissonière ont procédé à ladite vérification et estimation et en ont dressé leur relation requérant que nous ayons a leur enjoindre de remettre leur dite relation pour être jointe et insérée dans notre présent procès-verbal
De même ont comparu lesd Me Verdelhan, Espaniac et Teyssonnière qui nous ont dit qu'ils ont procédé à ladite vérification et estimation portée par notre commission et surtout en ont dressé leur relation qu'ils offrent de nous remettre.
Nous, commissaire subdélégué avons octroyé actes des dires et requizitions des parties et de l'offre faite par lesdits experts de remettre ladite relation, ce qu'ils ont fait incontinant, dont notre présent procès verbal demeure chargé et au surplus avons ordonné qu'elle sera jointe et insérée de mot à mot dans notre présent procès verbal comme il a été fait en la forme que s'ensuit, et après avons fait renvoi à mondit seigneur l'intendant notre commettant pour faire justice aux parties ainsi qu'il sera de son bon plaisir.

Teneur de la dite relation
Nous Pierre Espaniac du lieu de l'Elzière, Jean-Jacques Verdelhan Sr des Camboux du lieu de Thonas, prudhommes et Jacques Teissonnière architecte, tous habitants du lieu de St Germain de Calberte, experts pris d'office par Me Daniel Verdelhan Sr des Molles, docteur et avocat commissaire délégué par Monseigneur de Basville intendant de la province de Languedoc, à la requête de Louis Labaume marchand et Pierre Michel praticien du lieu de St Privat habitant à présent audit St Germain, rapportons qu'après avoir vu la requête présentée à mondit le Seigneur de Basville par lesdits Labaume et Michel, l'ordonance donnée par mondit seigneur portant que par experts serait procédé à l'estimation des dommages faits par les troupes du roy aux maisons desdits Labaume et Michel, appt dudit sieur des Molles commissaire subdélégué portant notre nomination, autre appt du Sr commissaire portant notre réception et serment par nous prêté, état des meubles, cabaux, effets pillés audit Labaume et Michel, information faite devant ledit commissaire sur lesdits effets prétendus enlevés brisés ou brûlés contenant la déposition de trois témoins, nous être portés audit lieu de St Privat, maisons et métairies des sus nommés Labaume et Michel, et premièrement au mas dudit Labaume où il faisait son domicile, et trouvé la maison cuisine à trois étages, contenant de plats fonds onze canes trois pans, la voûte du plus bas membre démolie, tous les planchers brisés, le couvert aussi tombé, la plus grande partie de la tuile et tout le boisage rompu, les poutres et ais des planchers rompus ou pourris, si que pour refaire la voûte de ladite estage basse avons estimé qu'elle coutera quinze livres, les deux planchers des deux membres de dessus y en ayant vingt deux canes à six livres la cane cent trente deux livres, le couvert y en ayant quinze canes et demi, le boisage et tuile ne pouvant servir pour être partie brisé et partie pourri coutera à huit livres la cane en tout 122#, plus y a des murailles à refaire pour avoir été ébranlées en les démolissant trois canes quatre pans qui coutera à huit livres cane en tout 28# 10 s., plus autre maison et chambre joignant la cuisine ayant de plats fonds sept canes quatre pans, à deux étages les planchers de remettre coutera huit livres-cane soixante livres, le couvert y en ayant dix canes coutera pour le remettre, tuile et boisage ne pouvant servir à huit livres-cane 80#, plus autre chambre joignant la susdite, de plat fonds quatre canes quatre pans, les poutres et ais étant rompus ou pourris ne pouvant servir coutera huit livres cane en tout 36#, plus y a de couvert six canes qui coutera a refaire sept livres cane en tout 42#, plus autre chambre où était le four de plat fonds quatre canes quatre pans à deux étages, le four plancher et couvert démolis et brisés, la tuile, poutre, ais et boisage ne pouvant presque de rien servir, lequel plancher y en ayant comme de plat fonds quatre canes quatre pans coutera a refaire a huit livres-cane et en tout trente six livres, le couvert y en ayant six canes coutera à huit livres-canes en tout 48#, le four de se remettre coutera 15 livres, plus autre chambre derrière le four de plat fonds une cane quatre pans de même les planchers et couverts démolis et brisés, lequel plancher coutera six livres-cane et en tout neuf livres, et le couvert y en ayant deux canes coutera six livres cane en tout douze livres, plus la maison claie de platfonds quatre canes quatre pans de même démolie, pour la remettre coutera le pancher quatre livres-cane et le couvert six livres-cane en tout 72#, plus la maison pallier de plat fonds cinq canes deux pans de même démolie, coutera pour le remettre le plancher six canes et le couvert y en ayant sept canes huit livres -cane en tout 79# 10s. , plus serions allé à la métairie appelée la Rodolarié appartenant audit sieur Labaume, de même entièrement démolie la maison cuisine ayant de plat fonds neuf canes quatre pans, la plus grande partie de la tuile étant brisée, les poutres et ais et autres boisages brisé ou pourri qui coutera le plancher à remettre y en ayant neuf canes quatre pans comme de plat fonds à huit livres-cane en tout 72#, le couvert y ayant douze canes un pan coutera à refaire dix livres, en tout 121# 10s, plus autre maison appelée la Fabregette faisant aussi métairie appartenant audit sr de Labaume de trois étages y ayant de plat fonds sept canes, les planchers, couvert et partie des murailles entièrement démolis, les deux planchers y en ayant quatorze canes coutera huit livres-cane en tout 112 livres, le couvert y en ayant neuf canes deux pans et demi coutera à huit livres-cane en tout 72#, plus autre maison servant de pailler aussi démoli et ruiné ayant de plat fonds neuf canes quatre pans, si que pour le remettre le plancher coutera six livres-cane, en tout 57 #, le couvert y en ayant douze canes un pan coutera huit livres cane en tout 97#, plus autre métairie appelée la Blacheirette appartenant de même audit sieur Labaume, la maison cuisine ayant de plat fonds six canes six pans, les planchers, couverts entièrement démolis rompus ou brûlés, la muraille démolie ou brûlée, laquelle muraille faut entièrement refaire le feu ayant consumé les pierres et coutera y en ayant 38 canes 4 pans de murailles à refaire, huit livres-cane en tout 308#, le couvert y en ayant 9 canes coutera à cause que la tuile et boisage ayant été brûlés ne peuvent de rien servir dix livres-cane, en tout 90#, le plancher coutera à refaire 54#, plus la claie joignant ladite cuisine de plat fonds quatre canes, le plancher et couvert démoli brisé et brûlé, les matériaux ne servant de rien, et faut rebâtir les murailles qui couteront soixante livres, le plancher quatre livres-cane en tout seize livres, et le couvert y en ayant six canes coutera dix livres canes en tout soixante livres, plus autre maison pailler plat fonds quatre canes qui a été de même démoli et pour le remettre le plancher coutera six livres-cane en tout vingt quatre livres, le couvert y en ayant six canes coutera huit livres-cane en tout 48#
Lesquels dommages concernant les biens dudit Sr Labaume par nous mesurés et estimés reviennent à la somme de deux mille quatre cent neuf livres.
Après quoi serions allés au mas de la Combe appartenant audit sieur Michel tout dans la paroisse dudit sieur Privat au mas où il faisait son domicile, la maison cuisine de trois étages ayant de plat fonds neuf canes, le plancher et couvert démoli et brisé les planchers y en ayant dix huit canes aux deux membres coutera à refaire dix livres cane en tout cent huitante livres, et le couvert y en ayant douze canes coutera dix livres cane cent vingt livres, plus autre maison chambre joignant de plat fonds cinq canes le plancher, couvert et poutres brûlés lequel plancher coutera y en ayant comme de plat fonds cinq canes dix livres cane en tout 50# et le couvert y en ayant six canes cinq pans et demi coutera à dix livres cane en tout soixante livres dix-huit sols six deniers, plus autre chambre joignant la cour de plat fonds quatre canes, le plancher rompu pourri et brisé coutera six livres cane en tout 24#, le couvert y en ayant cinq canes unpan et demi coutera huit livres cane en tout 41# 10s., plus autre maison pailler proche le portail ayant de plat fonds trois canes quatre pans aussi démolie et les matériaux brisés ou gâtés si que pour remettre le plancher y en ayant comme de plat fonds coutera cinq livres cane, en tout 17# 10 s., et le couvert y en ayant quatre canes un pan et demi à six livres cane coutera 25#, plus un autre mas dudit Sr Michel appelé les Faisses, la maison a trois étages ayant de plat fonds huit canes un pan, le plancher et couvert démoli et brisé si que pour remettre les planchers couteront avec les poutres et ais qui y manquent, sont coupés ou rompus y en ayant seize canes cinq pans et demi a huit livres cane 96#, le couvert y en ayant dix canes cinq pans et demi coutera huit livres cane 85# 10 s., plus autre chambre joignant ladite cuisine de plat fonds cinq canes deux pans et demi, le plancher et couvert brisé et démol qui coutera le plancher six livres cane, en tout 37# 17s. , le couvert y en ayant sept canes coutera à sept livres cane en tout 49#, plus une maison claye de plat fonds quatre canes de même démoli et brisé tout le boisage qui coutera de remettre pour le plancher quatre livres cane en tout seize livres et le couvert contenant six canes a six livres la cane coutera 36#, plus une grande maison pailler de plat fonds neuf canes, la moitié des murailles tombées qu'avons mesuré qu'il en faut rebâtir douze canes qui couteront six livres-cane en tout 72#, le plancher y en ayant comme de plat fonds neuf canes coutera à trois livres-cane en tout 27#, plus autres maisons moulins dudit sieur Michel, le premier contenant de plat fonds trois canes, le second trois canes et le troisième trois canes, n'y ayant rien que les couverts de démolis, le bois, la tuile brisés et tous les ameublements, les murailles étant encore bonnes, auxquelles trois maisons il y a de couvert douze canes qui coutera avec le boisage et tuile, celui qui y était ne pouvant de rien servir pour être rompu ou pourri six livres-cane et le tout 72#

Et tout le contenu en notre estime concernant ledit sieur Michel revient à la somme de mille huitante huit livres a quoi ajouté cinq cents septante deux livres a quoi ont été par nous évalués les meubles dudit sieur Michel et cabaux suivant les apostilles couchées en l'état devers nous remis et apostillé revient en tout à mille six cent soixante livres six sols
1660 l 6s

Et suivant notre estime comme est couché cy devant les dommages du bien dudit Sr Labaume se portent à deux mille quatre cens trente deux livres, à quoi ajouté mille huit cens vingt huit livres de l'estimation des meubles et cabaux suivant les apostilles couchées audit état devers nous remis reviennent en tout à quatre mille six cens soixante livres cinq sols
4660 l 5s

Et en tout ce dessus avons procédé le plus équitablement qui nous a été possible selon Dieu et le devoir de nos consciences et nous sommes signés ce quinzième jour du mois de mai mil sept cens quatre et remis notre relation et actes devers ledit sieur commissaire y ayant travaillé trois jours le présent compris, Espaniac, Verdelhan les Camboux, Teissonnière signés.

Ainsi a été procédé devant nous ayant pris d'office pour notre greffier Me Pierre Deleuze auquel avons fait prêter serment la main mise sur les Saints Evangiles de bien et duement faire sa charge et garder le secret, Verdelhan comre, Deleuze greffier signé

Collationné par nous conseiller
Du Roy maison couronne de
France Controleur en la
Chancellerie de Montpellier
Laussel


 Au cours des travaux de restauration du bâtiment principal, un linteau portant de nettes traces de brûlement a été mis à jour. Ce probable témoin du grand brûlement des Cévennes a été soigneusement conservé et mis en valeur.

 

Sur ce linteau extérieur, des initiales : CLB (pour Charles La Baume ?) et une date, 1737, date de la reconstruction du mas après le brûlement, ou de la construction d'une bâtisse qui n'existait pas auparavant ?

Acte du dédommagement payé à Izabeau Tarnonne par le Florentin Jean Pomel

"pour avoir tué Vidal Aymard son fils lors d'une opération contre les camisards rescapés du combat de la tour de Billot"
Texte communiqué par Richard Bousiges

ADG II E 51/ 666 Honoré Bouquet
" L'an 1703 et le septième jour du mois de mai avant midi par devant nous notaire royal et en présence des témoins bas nommés, establies en personne Izabeau Tarnonne originaire de la paroisse de (_) Saint Rome ( ?) diocèse de St-Flour résidante à la ville d'Allez, d'une part et Jean Pomel broquier de la paroisse de Saint Florent, d'autre, lesquelles parties sachant que ledit Pomel venant avec un nombre de soixante et dix hommes de la paroisse de Saint Florent de faire perquisition par l'ordre de monseigneur le maréchal avec une compagnie d'Irlandais de la troupe des camisards qui échappèrent du choc qui se donna à la Tour de Bilhot près Bagard mardi dernier et se retirant le lendemain en ladite paroisse avec lesd. hommes, led. Pomel ayant descouvert le dénommé Vidal Aymard, fils de la tarnonne qui se tenait caché sous un buisson, lui avait dit d'en sortir et (de) lui dire s'il était camisard, espion ou catholique ancien. Et quoi que led Aymard veut lui répondre, néanmoins aurait pris la fuite sans lui rien dire ; ce qu'ayant donné lieu aud Pomel de croire que le dit Aymard était un camisard et espion, vu son silence et sa fuite lui aurait lâché un coup de fusil dont il serait mort. Et d'abord led Pomel aurait été amené en présence de Monseigneur le Maréchal auquel l'exposition du fait ayant été fidèlement faite, Monseigneur aurait renvoyé absous led. Pomel sur le fondement que ledit Aymard avait pris la fuite et n'avait voulu rien répondre. Néanmoins lad Tarnonne en qualité de mère dud Aymard croyant led Pomel être dans le tort, ignorant la chose et la manière (dont) elle se passa, voulait venger en justice la mort de son fils en faisant faire condamner led Pomel aux peines de droit ; mais ayant été pleinement informée du fait elle a reconnu led Pomel innocent et n'avoir aucun tort n'ayant fait que son devoir suivant l'art militaire et le rang qu'on lui avait donné. Et néanmoins ladite Tarnonne l'a prié de la gratifier, attendu sa misère, de quelque chose à quoi led Pomel s'étant accordé par un seul motif de charité lui a présentement et réellement donné au vu de nous, notaire royal et témoins, la somme de trois livres douze sols dont elle l'acquitte et une salmée de châtaignes blanches payable le jour de la saint Antoine prochain, et moyennant ce, lad Tarnonne a promis quitter et faire être quitte et descharger led Pomel vu son innocence de toutes les actions recherches et demandes qu'on pouvait lui faire. Comme par le présent acte, elle le tient quitte et deschargé tant envers elle, la justice que tout autre quelconque à peine de tous dépends ; et à cet fin a obligé ses biens présents et avenirs aux rigueurs des cours … "

Commentaire de Richard Bousiges :
Ci-joint un actre trouvé chez le notaire Bouquet de Saint Florent que je m'empresse de vous communiquer pour le site.
L'acte est intéressant à plus d'un titre :
1) il illustre la capacité des saints florentins à se mobiliser : 70 hommes sont participants, c'est à dire la moitié des chefs de famille de Saint florent puisqu'il y avait 146 chefs de famille à la capitation de 1704.
2) il nous apprend que les saints florentins étaient présents dans le combat de la tour de Billot (pas signalé dans Bosc par exemple) et utilisés comme troupes supplétives et déjà organisés en tant que telles (Pomel intervient selon "l'art militaire" et son rang)
3) il nous apprend le nom d'un des camisards blancs de St-Florent alors que jusqu'à présent aucun nom ne nous été parvenu
4) on voit la rapidité de la transaction juridique : elle intervient une semaine après les faits
5) enfin dernier constat : la vie ne vaut pas chère : 3 livres 12 sols et une salmée de châtaignes blanches....
...
R. Bousiges


* Florentin : habitant de Saint Florent (aujourd'hui Saint-Florent sur Auzonnet dans le Gard). Les florentins, catholiques farouches, s'étaient organisés, à partir de leurs milices de bourgeoisie, en véritables troupes, chargées au départ de défendre leur territoire des incursions camisardes, puis servant essentiellement de troupes supplétives aux troupes royales "officielles", achevant les blessés et pillant ce qui restait dans les maisons après leur action (P. R.).

La région de St-Ambroix (carte de Cassini)

Condamnation d’Antoine Aberlenc

(7 mai 1703)
AD 34, C 184.169

Nicolas de Lamoignon, chevalier comte de Launay Courson, Seigneur de Bris, Vaugrigneuse, Chavagne, Lamothe, Chandenier, Beuxe et autres lieux, Conseiller d'Etat ordinaire, Intendant de la province de Languedoc,

Entre le Procureur du Roy demandeur et accusateur en crimes de lèze Majesté au second chef, rebellion avec port d'armes, assassinats, incendies et autres d'une part

Et Antoine Aberlenc du mas de Barjac paroisse de Monteils d'autre

Vu avec les srs de la Bruguière, Tuech, Bimard, Blancher, Verdeillan et Roche la déclaration du Roy du 26e février dernier et l'arrest du conseil du même jour rendu en conseil qui nous commet pour faire le procès et juger en dernier ressort avec le nombre des gradués requis les coupables de pareils crimes, les interrogatoires et réponses du 12 avril 1703, exploit d'assignation à témoins du 14e dudit, cayer d'information fait ledit jour par devant le sr de la Bruguière nostre subdélégué, conclusions sur la forme de procéder du 16 dudit mois, ordonnance portant que les témoins ouis en l'information seront recollés dans leurs dépositions et confrontés audit Aberlenc, du dixseptième dudit mois, seconds interrogatoires avec les réponses dudit Antoine Aberlenc, du dixneuvième dudit mois d'avril, exploit d'assignation donnée à témoins pour estre recollés et confrontés, dudit jour dixneuvième avril, cahier de recollement desdits témoins fait ledit jour par devant le sieur de la Bruguière, cayer de confrontation desdits témoins faits audit Aberlenc ledit jour, conclusions en définitive du procureur de Roy du jour d'hier, interrogatoires sur la sellette dudit Aberlenc avec ses réponses de ce jourd'hui, et tout considéré, Nous, de l'avis des sieurs de la Bruguière, Tuech, Bimard, Blancher, Verdeillan et Roche par jugement définitif et en dernier ressort avons pour les cas résultant du procès condamné ledit Aberlenc à faire amende honorable la corde au col tenant en ses mains une torche de cire ardente du poids de quatre livres, allumée au devant la porte principale de l'église cathédrale de cette ville, où à genoux il demandera pardon à Dieu, au Roy et à la justice, et de là conduit par l'exécuteur à la place publique de ladite ville pour y être rompu vif sur un échafaud qui y sera à cet effet dressé, et ensuite mis sur une roue la face tournant vers le ciel pour y finir ses jours, après quoi son corps mort estre exposé aux fourches patibulaires, préalablement appliqué à la question ordinaire et extraordinaire pour avoir révélation de ses complices, ses biens acquis et confisqués au Roy, ordonnons que Théodore Martin père, Antoine Martin fils, Espérandieu, ses deux filles, deux fils d'Antoine Soleirol cadissier, les deux fils de Dumas dit Vivarès, Jean Reboul fils du cordonnier, dudit Monteils, Claude Arnassan, Izac Bernard, les deux fils de Brunel hoste du cheval vert de Vézenobre, le fils de Cavallier, Jean Barrefort et Thomas Martin fils dudit Théodore seront pris au corps et conduits dans les prisons de cette ville, pour répondre sur les faits résultant des procédures et autres sur lesquels le procureur du Roy les voudra faire ouyr, sinon et après perquisitions faites de leurs personnes seront assignés à comparoir dans quinzaine et huitaine après par un seul cri public, leurs biens saisis et annotés conformément à l'ordonnance ; et sera le présent jugement exécuté nonobstant opposition ou appellation quelconque et sans y déférer

Fait à Alais le septième mai mil set cens trois

Delamoignon, La Bruguière, Blanchier, Roche, Tuech, illisible, Bernard app