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L'Assemblée
du 1er septembre 2002, au Mas Soubeyran, s'inscrira dans le cycle
commémoratif du mouvement camisard en Cévennes, programmé
par le Musée du Désert.
C'est en effet de l'été 1702 qu'on date le début
de la guerre des camisards, avec le meurtre de l'abbé du Chayla,
au Pont-de-Montvert, par une petite troupe d'inspirés. Ceux
qu'on appellera un peu plus tard les "camisards" allaient
défrayer la chronique pendant trois ans. Des jeunes gens sans
instruction, cardeurs de laine, bergers, meuniers des villages et
hameaux des Cévennes et du Bas-Languedoc, ont pris les armes
au chant des psaumes, sous la conduite de jeunes prophètes
prêchant la Parole interdite. Identifiant leur combat à
celui de David contre le géant Goliath, ces "fous de Dieu"
ont tenu tête aux troupes royales, défié les défenseurs
de l'ordre et de l'Eglise traditionnelle. Leurs buts : venger leurs
frères arrêtés et suppliciés pour crime
d'assemblée, chasser les prêtres oppresseurs de leurs
consciences et réclamer la liberté religieuse révoquée
depuis 1685. Cette tardive guerre de religion ne fut pas tendre, enchaînant
incendies, massacres et représailles.
Faut-il donc aujourd'hui rappeler le souvenir de ces vengeances et
de ces haines bien peu "chrétiennes" ? La question
n'est pas nouvelle, mais en nos temps de fièvre commémorative
et de repentance collective, les camisards la font resurgir avec acuité.
La mémoire de la guerre des camisards sera donc l'occasion
d'une réflexion plus générale sur la mémoire
collective des protestants français, construite comme mémoire
de foi et mémoire de minorité, sous l'horizon d'une
théologie laissant à Dieu le Jugement de l'histoire.
"C'est dans la foi que tous ces hommes sont morts"(Héb.
11/13). Convoquant la mémoire des patriarches, des héros
et des prophètes du peuple d'Israël, des combattants et
des souffrants, l'auteur de l'Epître aux Hébreux en fait
un hymne à la foi. C'est ce verset qui orientera le thème
de la prochaine Assemblée du Désert.
Le culte du matin, à 10h45, sera présidé
par Claude Baty, pasteur de l'Union des Eglises évangéliques
libres de France.
L'après-midi, on entendra les allocutions de Philippe de
Robert, professeur à la Faculté de théologie
protestante de Strasbourg, et de Laurent Theis, Président
de la Société de l'Histoire du Protestantisme Français.
Le message final sera donné par Olivier Abel, professeur
à la Faculté de théologie protestante de Paris.
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