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Si
avec do[u]leur je mets cette relation c'est que ce 30 e novembre 1702
qui est que depuis environ trois mois il s'est formé comme
espèce d'une nouvelle religion de fanatiques qui sont tous
de nouveaux convertis autrefois de la religion prétendue réformée
suscitée par Calvin presque dans tout le royaume, notre grand
roi que Dieu conserve et bénisse ayant aboli avec l'assistance
de Dieu cette religion dans tout son royaume, lesquels fanatiques
ou nouveaux convertis ont fait jusques ici dans ce diocèse
de Nîmes et Uzès et même ceux de Mende et Montpellier,
mais pas tant que dans ceux de Nimes et Uzès, des choses les
plus exécrables et barbares actions qui se puissent faire et
depuis que le monde est monde on n'a jamais vu de semblables, car
de cette heure que j'écris cette annotation on fait compte
qu'ils ont brûlé une trentaine d'églises et tué
une quinzaine de prêtres et en auraient tué autant qu'ils
en auraient trouvé dans les paroisses, mais voyant tel dessein
se sont réfugiés tous dans des grandes villes ou grands
bourgs, tué et massacré quantité d'anciens catholiques
et prêtres et curés avaient été tué
avec des cruautés que le diable n'y saurait inventer de plus
cruelles ; ils font toutes leurs expéditions de nuit; ils font
plusieurs troupes d'environ les unes de deux cents hommes, d'autres
de cent cinquante et plus ; les unes sont aux hautes et basses Cévennes
et les autres au pays bas, et le jour se retirent dans des bois, et
comme tout le pays est pour eux comme étant tous de nouveaux
convertis, il ne leur est pas difficile de faire main basse partout
ou il leur plait, ce qui a fait que les milices de tous les susd.
diverses se sont mises en campagne par ordre des puissances pour arrêter
ce désordre; on fait compte qu'il y a plus de 3000 hommes de
milice sous les armes qui sont dispersés dans les diocèses
de Nîmes et Uzès, et avec tout cela on n'en peut venir
à bout, et on ne le pourra à moins d'avoir quantité
de troupes réglées; ils se défendent, ces fanatiques,
comme des diables; on en pend, on en roue, on en condamne aux galères
autant qu'on en peut prendre, et tout cela ne les effraie point. Dans
cette ville on fait grande garde et plusieurs corps de garde, et il
y est de même dans toutes les autres villes et presque dans
tous les villages ; le monde ne voyage que très peu, le commerce
rompu, et tout cela donne de très grandes consternations; toutes
les églises abandonnées par les pasteurs, et il y aura
de la peine à effacer cette fureur, ils prennent avantage de
ce qu'ils voient que le roi a ses troupes en Italie, Flandre et Allemagne.
Il y a un des éveques qui allant aux Etats qui se tiennent
présentement à Montpellier qui ont été
obligés d'avoir des escortes jusque la; qu'il fut environ deux
mois qu'ils tuèrent à coups de batons et de pierre mr
de St Cosme gentilhomme qui allait de Vauvert à Boissière
dont il était seigneur, l'ayant trouvé de plein jour
sur le grand chemin dans sa chaise roulante ; je finis ne pouvant
bien exprimer leur cruautés et entreprises contre les presbytères,
églises et ornements, brulement des pretres et anciens catholiques,
Dieu nous fasse la grace d'apaiser et arrêter ces maudits et
nous préserve de voir dans les suites les plus étranges
catastrophes, je viens a apprendre tous les nouveaux convertis ne
se soulèvent.
[en marge] Depuis avoir mis cette annotation, ces gens la ont brulé
plus de 15 églises, tué, égorgé ou massacré
autant des prêtres et une infinité de catholiques; le
vendredi dans la nuit touchant au samedi 13 janvier 1703 brulèrent
l'église de Poulx et tout le village, meubles et denrées,
c'est la plus grande désolation du monde, tous les villages
sont victimes, c'est-à-dire hommes femmes et enfants désertent
et se retirent dans cette ville; tous les prêtres de ce diocèse
et d'Alès ont abandonné leurs paroisses depuis longtemps,
et comme nous n'avons point de troupes réglées, sinon
que milices, ces maudits et malheureux ne craignent point les soldats
de milice, au contraire ils en tuent beaucoup, et comme tout le pays
est pour eux, c'est à dire les nouveaux convertis, ils font
main basse sur les pauvres catholiques, mais avec tant de cruauté
que des barbares ne feraient pas la vingtième partie; jusques
aux enfants; j'en serais trop long pour marquer leurs entreprises
et cruautés, Dieu y mette fin s'il lui plait; on nous fait
espérer des troupes de jour en jour, si était les choses
changeraient de face
Entrée
du roi d'Espagne dans Nimes.
Le lundi 4e décembre 1702 environ l'heure de 4 après
midi, le roi d'Espagne, fils de France et avant qu'il fut roi appelé
monseigneur le duc d'Anjou entra dans Nimes ayant passé par
Marseille, Aix, Arles, et a diné à Bellegarde; il a
couché à l'évéché venant de l'armée
d'Italie, s'en allant à Madrid, traversant la France, chose
très particulière, il est parti pour aller coucher à
Montpellier le mardi environ l'heure de huit de matin ; environ une
heure qu'il fut arrivé, il alla à pied voir la maison
et les arènes ; j'eus l'honneur de le voir à la passade
3 différentes fois, il est beau, bien fait, le visage fin et
à teint fin et blond, portant un chapeau avec un plumet blanc,
son habit bleu en broderie, étant seul dans une très
riche chaise roulante rouge, il est passé incognito, il est
passé ainsi partout pour que le peuple ne fut fatigué
par la dépense qu'il faudrait faire, et cela est apparemment
par l'ordre du roi de France son grand-père, il est suivi d'une
grande quantité de seigneurs d'Espagne et de France, j'ai fait
compte qu'il y avait plus de cent chaises roulantes, carosses, litières,
chevaux de selle, mulets, charrettes en très grand nombre pour
porter ses hardes; depuis plus de quinze jours il a séjourné
dans les casernes en l'attendant près de cent charrettes, 25
chaises roulantes et chevaux de selle ce qui a causé une très
grande dépense à la ville ou province, quelqu'un a voulu
dire qu'il devait payer tous ses frais, mais nous n'en savons encore
rien; les canons n'ont point tiré ni a son arrivée ni
à son départ, point d'harangue ni aucune cérémonie
pour la raison cy dernière, il a été suivi et
escorté par cent soldats de la garnison, l'on dit que cela
a été à cause que les fanatiques qui sont nouveaux
convertis ne fissent quelques insultes, quoi qu'il n'y ait du tout
aucune apparence ; il a oui la messe à la chapelle de l'évêché.
Monseigneur le cardinal de Tré est à sa suite comme
ambassadeur extraordinaire en Espagne, son age est marqué dans
ce registre, le jour de son arrivée et départ fut doux,
le temps est un peu couvert ayant plu les jours auparavant.
Paiement
de ma taille, et payé pour Marie ma servante.
Le mardi 12e Xbre 1702 j'ai payé à mr Saussine exacteur
des tailles de cette ville 65 livres 18 sols, savoir 22 livres 5 s
8 d pour ma taille de cette année, 17 livres de ma capitation,
25 livres 12 s 6 d pour la taille de ma femme Marie Lafon et 20 s
pour la capitation de Marie ma servante qu'elle me devra compter sur
ses gages, et 8 s pour le papier de la quittance.
Dépot
de 100 livres fait entre mes mains par Joseph Batiste.
Le 23 e janvier 1703 Jean Batiste mon valet depuis longtemps à
mon four à chaux ayant été enrollé depuis
deux jours par le corps des serruriers, menuisiers, maréchaux,
broquiers, tourneurs et charrons de cette ville pour le service de
sa majesté pour 150 livres, il m'a baillé ce même
jour cent livres, lui en ai fait mon billet par lequel il est dit
que je lui baillerai lad somme à son retour (dans la marge:
led billet a été comme une obligation...) en cas qu'il
vient à mourir il donne lad somme à la nommée
Capoune ou à son mari qui fait la fonction de maitre d'école
et aussi sa femme qui demeure proche la maison de mr le gouverneur,
voila mot à mot les termes de mon billet. Lequel il est allé
porter à même temps à ladite Capoune, iceluy ....
comme il lui a remis mondit billet desdits 100 livres, j'ai signé
led billet et led Baptiste aussi et à la quittance que led
Batiste a faite au compte des susdits [suivent plusieurs lignes très
techniques et difficiles à lire, ainsi que les notes marginales]
1703
Entrée dans Nîmes de monsieur le maréchal de Montrevel.
Il fait son plus grand séjour à Alais.
Le mercredi 14 février 1703 monsieur le maréchal de
Montrevel est entré dans Nimes environ les 4 heures après
midi, tous les gentilhommes et marchands sont allés au devant
en carosses. Il a soupé chez mr l'Evêque et prend logement
chez mr le président à la grande rue et proche le collège;
il vient de la part du roi commander en province pour exterminer les
fanatiques qu'on appelle camisards qui sont tous nouveaux convertis
ennemis de l'Etat et qui mettent tout le pays en désordre.
Ils font des attroupements partout et dans la nuit tuent, massacrent
et font des cruautés inouies aux prêtres qu'ils brulent
avec leurs églises et catholiques, et depuis que ces maudits
de l'Etat regnent déja fait environ six mois on fait compte
qu'ils ont brûlé 133 églises dans le pays brulé
et égorgé autant de prêtres et une très
grande quantité de catholiques, ce monsieur le maréchal
avec les troupes qui sont au pays et qui en doit arriver beaucoup
avec l'assistance de Dieu, mettra fin à ces maudits, qui sont
soutenus sourdement par presque tous les nouveaux convertis; on appréhende
un soulèvement général, Dieu nous en préserve,
ils sont pour le moins dans les Cévennes, Vaunage et dans tout
ce pays pour le moins quinze mille hommes de troupes réglées,
et à même de cela on n'en viendra pas à bout.
Combat
contre les fanatiques.
Le mardi gras 20 février 1703, monsieur le maréchal
de Montrevel ayant eu avis qu'il y avait environ 500 de ces camisards
ou fanatiques du côté de Barutel et métairie de
Serrière garrigue de Nîmes, monta à cheval suivi
d'une grande quantité de gentilhommes ou autres avec 200 dragons,
avant son départ il envoya un détachement de 60 dragons
pour les reconnaitre, mais comme l'avis ne fut donné que fort
tard, il ne partit de cette ville que vers les quatre heures du soir,
et étant arrivé à cet endroit il trouva que le
détachement des 60 dragons avait mis en déroute ces
coquins et malheureux, et n'eut été que la nuit survint
et qu'il faisait fort obscur, il n'aurait pas échappé
aucun de ces malheureux. Le lendemain des soldats et des gens de la
Calmette étant allés sur le lieu on y trouva les morts
environ 110 ou sur la place et en beaucoup d'autres divers endroits,
ayant marché tant qu'ils ont eu de vie, une femme et une jeune
fille tuées aussi qu'on disait être des prrophétesses,
les soldats et paysans ayant pillé habits, chapeaux et souliers,
il resta sur la place seulement 2 dragons et 2 autres qui sont morts
de leurs blessures à l'hopital.
Massacre.
Le dimanche des Rameaux premier avril 1703 les fanatiques ou nouveaux
convertis et rebelles au roi s'étant assemblé au nombre
d'environ 200 dans le moulin à eau de madame de Calvière,
hors et proche la porte des Carmes pour y prescher et chanter des
psaumes, monsieur le maréchal de Montrevel qui était
en ville logeant chez mr le président proche les jésuites,
et étant en ce pays par ordre du roi pour chatier les rebelles
en ayant été averti, le monde étant pour lors
à vêpres, fit investir par les dragons et autres troupes
qui sont aux casernes ledit moulin et fit tirer sur tous ceux qui
s'y trouvèrent, on fait compte qu'il y en a resté sur
la place hommes ou femmes environ 40, et n'eut été quil
s'en sauva par derrière du côté des jardins, qu'il
y aurait eu plus grand carnage; on mis le feu au moulin et au pillage,
tous les corps morts ayant été brûlés et
ensevelis dans les ruines parce que ledit moulin fut ... abattu et
démoli; il y avait quantité du blé des uns et
des autres autour, cela a été perdu. Ces coquins ont
bien mérité cette punition, faire cette entreprise à
plein jour et à la barbe dud seigneur maréchal homme
du roi; cette nouvelle vint jusques à la grande église
qui était toute remplie du monde pour entendre prescher le
sermon, ce qui cause un désordre épouvantable, tout
le monde sortit et personne ne pouvait sortir de la ville, grand garde
partout par les troupes qui sont en ville au nombre d'environ 2000.
Nous avons de jour en jour beaucoup de troupes pour chatier les rebelles
qui journellement brulent des églises et maisons des anciens
catholiques et qui les égorgent dans tous les villages en telle
manière que tout le pays est perdu, Dieu y mette fin par sa
grace et conserve notre grand roi pour les bien chatier.
Il arrive journellement des troupes, on fait compte de 22 bataillons
qui viennent du côté du Milanais et quand tout cela sera
arrivé avec beaucoup des troupes qui sont au pays ont été
ruiner à tous les coquins et rebelles et des villages et personnnes
en particulier.
Vente
de ma cavale
Ce jeudi Saint 5e avril 1703 j'ai vendu ma cavale avec sa selle et
bride à mr Lasinalier .... pour 75 livres qu'il m'a payé;
elle m'avait couté 50 livres que mr Hilaire (?) me l'avait
achetée au pays dans le mois d'aout dernier.
Exécutions.
le mardi 19 juin 1703 il fut roué tout vif au marché
un fanatique rebelle et le jour auparavant il en fut brulé
un tout vif à l'esplanade convaincus d'avoir tué et
massacré des prêtres et anciens catholiques.
St
Cezari mis au pillage.
Le 21 e dud le village de S Cezari fut mis au pillage par ordre de
mr le maréchal de Montrevel, les habitants étant accusés
de donner retraite et vivres aux fanatiques et rebelles qui font mille
désordres de ce côté là et tuent beaucoup
des catholiques et officiers de guerre, sur les grands chemins les
soldats ont porté en ville de toutes sortes de meubles et bestiaux,
ça été une grande désolation mais qu'ils
le méritaient.
Le
jour que mr Dellon a quitté ma maison.
Le jeudi 12e juillet 1703 mr Dellon mon beau-frère et sa femme
après avoir soupé furent coucher à sa maison
où il s'est changé tout à fait ainsi, ainsi ils
ont quitté la mienne que led jour 12e juillet après
souper; il a demeuré à la maison depuis le 17 mars 1698
qui est le jour de son mariage avec ma fille Antoinette Borrely, le
contrat de mariage couché dans mon registre de novembre de
lad année au feuillet 560 par lequel il m'était obligé
de les nourrir tous seulement pendant quatre années à
compter du jour dudit contrat de travail du 17e mars et une chambre
garnie de mes meubles, vivant de mon ordinaire en une même table,
laquelle nourriture et loyer de chambre sont évalués
par le contrat de mariage à 800 livres pour les 4 années,
laquelle dite somme led sieur Dellon sera tenu de reconnaitre à
madite fille, il faut qu'il en donne quittance portant reconnaissance,
cependant il a demeuré dans ma dite maison 5 ans 3 mois 12
jours qui est une année trois mois et 5 jours de plus que les
quatre années portées par led contrat de mariage, se
portant à 262 livres ou environ de plus à raison de
200 livres l'année ainsi réglé par led contrat
de mariage, puisque par iceluy il est dit que les 4 années
sonr réglées à 800 livres, étant dit encore
par led contrat de mariage que je payerai aus sieur Dellon la somme
de 2000 livres six mois après la bénédiction
du mariage, lesquels six mois finirent le 24eme novembre 1699, parce
que led mariage ne fut béni que le 24e mai de lad année
1699 par feu maitre Antoine Gariel prêtre et vicaire perpétuel
du lieu de Vic laquelle bénédiction fut par permission
de mr Charles Borrely mon fils prêtre et prieur d'Aguilhan proche
led lieu de Vic, en conséquence du certificat donné
par mr Noin curé perpétuel dud Nîmes comme il
avait publié les 3 bans et permission de bénir led mariage,
led certificat duement légalisé par mr l'abbé
Aubin vicaire général du diocèse de Nîmes
portant aussi permission aud sieur Garrel de bénir led mariage,
si bien que si led sieur Dellon me demandait les intérets des
2000 livres à compter depuis led jour 24e novembre 1699 lour
de l'échéance desd 6 mois qui monteraient à chaque
année à 5 pour cent la somme de cent livres il faudrait
lui proposer la compensation de lad somme de 262 livres pour l'année
3 mois et quinze jours qu'ils auront resté à ma maison
après les quatre années posées par led contrat
de mariage et encore faudrait qu'il tint en compte et il est juste,
le loyer de la chambre et cabinet attenant dont il a joui pendant
les cinq années 3 mois quinze jours qui a demeurre en maison
en ont fait son bureau ou autre pendant un an, il eut son bureau chez
le sr Nerse, n'étant pas obligé que de lui fournir une
chambre, ainsi le loyer de ladite chambre et cabinet vaut bien pour
le moins quinze livres, ainsi elle se peut tenir pour 75 ou 80 livres
pour le susd temps; je ne suis obligé par led contrat de mariage
que lui fournir la nourriture et cependant je lui fournis à
sa famille et coucher dans lesquels ses femmes de service me faisaient
un fracas (?) et dépense épouvantable et une dépense
horrible pour le blanchissage de sa femme et enfants à quoi
je notais pour témoin en cela devoir valoir pour le moins 150
livres pour tout le susd temps; il est vrai que si led sieur Dellon
en reste bien envers mon endroit et de ma femme il ne lui sera rien
demandé, l'honneteté devant se payer par l'honneteté;
d'ailleurs ma fille quittant ma maison et faisant charrier les meubles
que son mari avait achetés dans le temps qu'il a resté
à ma maison m'a emporté quantité de linge et
meubles, moi pour le bien de paix j'ai fait l'aveugle et ma femme
aussi.
Penderie
de fanatiques.
Le samedi 14e juillet 1704 (erreur 1703) on roua au marché
2 hommes et on en pendit 2 autres, et on pendit deux femmes; cela
se fit dans le même temps, étant tous ces gens-là
ou fanatiques ou rebelles au roi ou fourni aux rebelles attroupés
vivres ou munitions sous main ; les désordres de ces malheureux
continuent toujours, et ils tuent et massacrent les anciens catholiques
partout où ils les trouvent, et quoi qu'il y ait quantité
de troupes en ce pays, cela n'empeche pas qu'ils ne commettent des
grandes cruautés et il y aura de la peine à y remédier
parce que tout le pays qui est infesté tous de nouveaux convertis
et mal intentionnés sont pour ces gens là sous main,
si bien qu'il n'y a personne des anciens catholiques qui osent aller
à leurs pièces et moi n'ose pas aller à notre
clos ou sont mes fours à chaux qui ont cessé de travailler
depuis plus de six mois les valets ayant quitté.
Têtes
coupées à deux gentilhommes.
Ces jours passés on coupa la tête à deux gentilhommes
complices de ces désordres.
Blavigna
roué.
Le samedi 21e dudit mois de juillet 1703 on roua tout vif le nommé
Blavigna enfant de cette ville que quelques dragons prirent hier du
côté du chemin de Montpellier dans les vignes et dans
moins de vingt quatre heures son procès a été
fait et parfait, il avoue avoir été très longtemps
avec les fanatiques et rebelles et avoir tué bien des gens;
on lui trouva un fusil, deux pistolets, quantité de balles
et poudre.
Argent
baillé à Séguret.
Le lundi 23e juillet 1703 j'ai baillé à Séguret
mon beau fils dans mon étude 15 livres et un louis d'or valant
13 livres, une pièce de 18 et 12 payé à compte
de 50 livres qu'il m'a dit que je lui devais pour intérêt
je ne le sais que parce qu'il me l'a dit; il ne m'a point fait de
reçu ni depuis longtemps et de l'argent que je lui ai baillé;
je le crois ainsi parce que je crois qu'il ne le dirais pas si ce
n'était vrai et quand je le paierai entier je lui ferai faire
un reçu.
Le
lieu de Vestric mis au pillage et brûlé
Le samedi 28 dudit mois de juillet monsieur le maréchal de
Montrevel fit mettre au pillage et brulement des maisons du lieu de
Vestric proche Uchaud parce que les fanatiques et rebelles allaient
de temps en temps se réfugier et (ra)vitalier et on emmena
au fort de cette ville tous les hommes femmes et enfants qui (se)
trouvèrent aud lieu ; il y avait deux charettes des femmes
et des enfants les hommes étant à pied conduits par
un grand nombre de soldats irlandais et dragons, l'un portant des
chauderons, les autres d'autres choses, conduisant aussi des mules
et anes, enfin c'était la chose la plus déplorable du
monde, jusques la même que les blés qui étaient
dans les maisons enfermés depuis peu de la récolte pendante
fureut brulés, le vin défoncé ou ceux qui commandent
de telles exactions à cause que ces malheureux commettent journellement
des meurtres et assassinats, et le malheur est que tout le pays c'est
à dire les nouveaux convertis sont pour eux et ceci va de mal
en pis, si Dieu n'y met sa main tout le pays est perdu.
4
hommes roués tout vifs et 3 femmes pendues.
Le mardi 7 aout 1703 messieurs du Présidial condamnèrent
4 hommes à être roués tout vifs et 3 femmes pendues,
ce qui fut exécuté au marché sur les 3 heures
après midi; cette exécution de ces 7 personnes fut longue
ayant duré jusque à la nuit, les roués tout vif
firent qu'ils expirèrent sur la roue, c'était des fanatiques
et rebelles nouveaux convertis qui avaient tué et égorgé
plusieurs catholiques, ils étaient de Fons et de St Mamet,
et les femmes et filles aussi toutes soi disant prophétesses.
L'église
de Sanilhac brulée et le pretre tué.
Le même jour entre les 7 à 8 heures du soir les rebelles
qu'on nomme camisards brulèrent l'église de Sanilhac,
tuèrent le prêtre nommé mr Granier qui était
enfant de Beaucaire, tuèrent des catholiques et brulèrent
3 maisons.
Isnard
de St Cezari roué tout vif.
Le jeudi 9e dudit mois d'aout on a roué le nommé Isnard
de St Cezari qu'on prit les jours passés dans les vignes de
Nimes du côté de Valdegour, on dit qu'il a déclaré
beaucoup de choses.
L'église
de Serviès brulée.
Le jour auparavant les camisards brulèrent l'église
du lieu de Serviers proche d'Uzès, depuis que le monde est
monde on n'a vu un temps plus mauvais et déplorable.
Argent
baillé à Séguret.
Ce 14e aout 1703 j'ai mis cette anotation; je devais l'avoir mise
depuis 8 ou 10 jours à ce que je crois que je bailla à
Seguret mon beau fils sans billet 20 livres et un louis d'or de valeur
13 livres.5 sols et 2 écus neufs valant 3 livres 11 sols pièce
faisant sept livres deux sols à compter d'intéret que
je lui dois , disant qu'il voulait payer les massons et matériaux
pour les réparations qu'il fait faire à sa maison à
St Thomas.
2
hommes brûlés.
Le vendredi 12é aout 1703, environ l'heure de 4 après
midi, les mess. du Présidial ont condamné deux coquins
de ces scélérats rebelles au roi à être
brûlé tout vifs, ce qui a été exécuté
à l'esplanade, l'un appelé la Plume chef de parti qui
n'a jamais voulu entendre mourir catholique, et l'autre est mort très
bon catholique, le P Fosse jésuite qui l'exhortait l'a ainsi
certifié et on a été très content suivant
ce qu'il m'a dit.
2
hommes l'un roué et l'autre pendu.
Le 17e dud mois 2 hommes exécutés au marché l'un
roué qui était le nommé Bousanquet du lieu de
Boissières et l'autre pendu nommé Formentin qu'on dit
être de Nimes, jeunes hommes convaincus de ces mauvaises affaires
du temps.
1
homme roué.
Le 22e dud mois d'aout on a roué le nommé Gueidan de
Brignon pour avoir commis beaucoup des meurtres.
1
homme pendu.
Le lundi 27e dud mois d'aout on a pendu un de ces coquins.
Argent
baillé à Séguret.
Led jour 24e aout j'ai baillé pour Seguret mon beau fils ...
2 roués.
Le 31 e dud mois d'aout 1703 deux scélérats de camisards
furent roués.
2
brulés.
Le 3e 7bre 1702 (pour 1703) deux autres furent brulés tout
vifs à l'esplanade.
Remarques.
Il est à remarquer que ces coquins de fanatiques ou camisards
font un si grand ravage en ce pays et sont si craints qu'on fait fermer
les portes de la ville environ les huit heures et il n'y a personne
au moins des anciens catholiques qui osent aller à leurs pièces
et vignes étant tout à l'abandon.
Campagne,
Estagel et Campagnolle brulés par les camisards.
La nuit du 24e septembre 1703 tombant sur le mardi 25e dudit les camisards
ou fanatiques ou pour mieux dire les nouveaux convertis ou catholiques,
faux catholiques ont brulé le chateau de Campagne appartenant
au chapitre et ils y ont brulé les valets qui étaient
anciens catholiques, brulé aussi Campagnolle appartenant à
l'abbé de Franquevaux, et Estagel, tout dans la même
nuit, ils font depuis longtemps ce manège dans ce pays brulent
et massacrent les catholiques, je suis trop long pour dire tout ce
qu'ils ont fait et font journellement. Tous les anciens catholiques
des villages et métairies portent dans les villes et grands
bourgs leurs meubles et denrées et c'est une désolation,
si Dieu n'y met la main tout ce pays est perdu, et tout le pays c'est
à dire tous les nouveaux convertis sont pour ces gens attroupés
qui sont présentement environ 2000 hommes tant à pied
qu'à cheval dans ce pays c'est à dire autour de Nimes,
et ces jours passés brulèrent aussi la métairie
de Mérinargues, appartenant aux frères prêcheurs
de cette ville; celle de mr Postoly au plan du Pin le long du Vistre,
où ils brûlèrent le rentier et son fils, et l'église
et quelques maisons à Bernis, enfin c'est une désolation;
quoi qu'il y ait dans le pays 2500 hommes de troupes réglées,
néanmoins on n'en peut pas venir à bout dans les Cévennes
et partout il y a quantité de troupes de ces malheureux qui
font tête parce qu'ils sont supportés et secourus par
les religionnaires.
Brulement
et tuement en divers endroits. Jaques garde de Campagne tué.
Le 28e brûlèrent Signan, tuèrent Jaques Durranc
le garde terre de Campagne, ensuite brûlèrent l'église
du Cailar, la maison du sr Rogier (Agier ?) beau père du sr
Teissonière avocat, l'église de St Bauzely, celle de
Martinargues, ont tué et écorché un commandeur
avec tous ses gens, qui était à une de ses métairies
du côté de la pinède vers Aiguesmortes, enfin
font mille malheurs, en serait trop long et on n'aurait pas assez
de papier pour écrire tout ce que ces malheureux font.
Personne au moins des anciens catholiques de Nîmes n'ose aller
à leurs pièces, pas même dans ce temps des vendanges
et tous nos biens (?) sont abandonnés.
Brulement
des faubourgs de Sommières et autres lieux.
La nuit du premier octobre 1703 tombant au second dudit mois ces malheureux
et maudits de Dieu brulèrent les fauxbourgs de Sommières,
sachant qu'il n'y avait pas de troupes, dans les nuits suivantes,
brulèrent l'église d'Avéjean et la maison du
prêtre et les deux logis du pont de Lunel qui sont en deça;
ils firent cela dans une même nuit pour ce qui est d'Uchaud
et logis, ensuite brulerent l'église de Parinargues et la maison
des jésuites et le logis ou baraque du sr de Montpezat, cela
se fit dans une même nuit et l'église du Cailar et tant
d'autres qu'il m'ennuie de mettre en mémoire tout cela et c'est
affligeant sans pouvoir remédier à cela parce que tous
les villages de tout le pays qui ont été huguenots sont
pour ces gens la, leur donnent la retraite et à manger, enlevant
tous les chevaux des postes et se montent et ont enlevé depuis
quelques temps tous les chevaux des métairies du pays bas,
et si les troupes ne brulent tous les villages des Cévennes
et des environs .... ou n'enlevent tous les habitants, il sera difficile
d'en venir à bout, étant impossible de les pouvoir surprendre
parce qu'ils ont des espions partout et sont avertis de tous les mouvements
des troupes. C'est un remède véritablement très
violent et ruineux pour tout le pays qui ne peut etre que ruiné
et tout le monde réduit à la misère n'y ayant
ni négoce ni trafic, ni même sans pouvoir faire valoir
les biens, Dieu y mette sa main pour sa grace autrement tout est perdu.
Argent
baillé à Séguret.
Le 25e octobre 1703 jour de St Crespin Seguret mon beau fils étant
venu à mon étude environ 1 heure de onze avant midi
m'a demandé quelque argent et lui ai baillé à
même temps un louis d'or valant treize livres et un demi louis
d'or valant six livres et deux pièces valant quatre sous; tout
cela fait 20 livres moins 6 sous que je lui voulais bailler, mais
il est sorti à la hate étant pressé de bailler
cet argent à quelqu'un ainsi qu'il m'a dit ne m'ayant fait
aucun reçu non plus que de l'argent ci devant baillé,
mais comme c'est un homme de confiance et qu'il est .... il me le
fera apparemment quand je voudrai.
Brulement
fait par les fanatiques.
La nuit du 25e février 1704 tombant au 26e les fanatiques brulèrent
7 métairies au quartier de Grézan, savoir celle de mr
Chazel ainé, celle de Reynaud et celle de mr de Poussac, celle
de Sorbier, celle de la Rochelle appartenant à mr de Lacassagne,
ne me souvenant pas du nom des autres hormis de celle du sieur Martin
qui est celle du mas des Illes, ces 2 se joignant.
Quelques jours auparavant brulèrent toutes les maisons et l'église
de Roudilhan tuèrent égorgèrent 7 ou 8 habitants
catholiques du coté de Vedelen travaillant aux vignes, si bien
qu'ils tuent et massacrent et égorgent tous les anciens catholiques
qu'ils rencontrent, faisant lesdits brulement tous de nuit, ils ont
brulé la nuit du 27e tombant au 28e de février 1704
la métairie des Cristolas au chemin d'Uzès appartenant
à mr Rouvière, enfin font tant de cruautés aux
anciens catholiques qu'on n'ose sortir de la ville et la plupart ne
peuvent faire donner les cultures aux vignes et oliviers, pour ceux
de la campagne sont bien malheureux, la plupart se réfugient
dans des villes ou villages clos et il y en a beaucoup qui se sont
clos pour les garder; nous avons beaucoup de troupes dans ce pays,
mais comme tout le pays est pour les maudits, il y aura de la peine
à réduire ces scélérats, si Dieu par sa
grace ne les chatie.
Incommodité
de la goutte.
Nota que si j'écris mal, c'est que je suis atteint de la goutte
aux pieds et mains depuis environ le 20 janvier 1704, ayant gardé
le lit plus d'un mois à l'heure que nous sommes à la
fin février, je suis debout et suis un peu soulagé par
la grace de Dieu, cette incommodité ne m'ayant pas permis d'écrire
tant autres particularités exécrables commises par ces
maudits qui en commettent journellement.
Cruautés
encore.
De la nuit du jeudi 28e février tombant à vendredi 29
année bissestille 1704 les maudits camisards brulerent au plan
de Beaucaire plusieurs métairies entre autres celle de St Pau
appartenant à la dame abbesse Delafon de Nimes, celle du sieur
Viannès et autres dont je ne sais point les noms, ils ont tué
de compté fait 21 ou 22 personnes catholiques; à Bellegarde
la bourgeoisie s'est défendue tant qu'elle a pu, mais ces exécrables
étant plus forts ont fait main basse et on a tué beaucoup
de personnes; aussi ils font tant de malheurs toutes les nuits aux
pauvres catholiques qu'il faudrait avoir toujours la main à
la plume pour écrire leurs cruautés, et les pauvres
catholiques ne font rien, n'osant pas à cause des défenses
des puissances, mais il y a a craindre qu'ils ne fassent quelque soulèvement,
croyant qu'ils font périr les catholiques.
Défaite
des troupes du Roi par les camisards.
Le 14e mars 1704. Les camisards au nombre de douze cents étant
du coté de St Chatte et mr le marechal de Montrevel étant
à Uzès ayant su qu'ils y étaient détacha
environ 300 hommes tous soldats de la Marine et quatre ou cinq compagnies
de dragons de St Sernin pour les attaquer, mais au lieu pour lesdits
soldats de la Marine et pour lesdits dragons de faire face en bonne
contenance ils eurent une si grande peur de voir un si grand nombre
de camisards, qu'ils prirent la fuite, les officiers n'ayant jamais
pu les relier, si bien que lesd camisards taillèrent tout en
pièce lesd soldats de la Marine et il y resta dix huit officiers
d'une grosse distinction, lesd camisards ayant fait un gros butin
d'armes comme fusils, bayonnettes, munitions de guerre, habits et
quantité d'argent que lesd officiers avaient, pour les dragons
n'eurent pas grand déchet parce qu'étant à cheval
ils se tirèrent de leurs mains et ce fut une consternation
pour les catholiques la plus grande du monde et cela donne un si grand
coeur à ces malheureux et à tous les nouveaux convertis
de cette ville et de tout ce pays que nous étions tous dans
une grande appréhension; les maudits se sont prévalus
dans cette occasion de plus de quinze mille livres et le malheur vint
de ce que ces soldats avaient pillé les villages de Brignon,
Cruviers et autres qui s'étaient tellement chargés et
avaient si fort bu qu'ils étaient hors d'état de combattre.
Ainsi cette action fait du plus sur qu'aucun travailleur catholique
ni même autre personne catholique n'osent aller à la
campagne et sortir de la ville, tuant et massacrant autant qu'ils
en trouvent, en ayant même tué à nos caderaux
et à la vue de la ville.
Et il a fallu pour que les vignes ne demeurassent sans culture que
mr le maréchal à la prière et remontrance des
consuls et habitants catholiques donna un détachement de 200
hommes par jour pour servir d'escorte aux travailleurs et l'ordre
était de faire facturer de quartier en quartier, c'est à
dire quand un quartier du terrain était parachevé d'être
cultivé et facturé on s'allait dans un autre, et pendant
la journée ces deux cens hommes voltigeaient dans le quartier
où les travailleurs étaient pour empecher que les camisards
ne tuassent les catholiques, car pour les travailleurs nouveaux convertis
ils n'avaient rien à craindre.
Le roi ayant su la défaite de ses soldats de la marine en fut
si outragé ayant cru que mr le maréchal de Montrevel
n'avait pas fait son devoir étant quasi sur les lieux puisqu'il
était alors à Uzès et ayant avec lui douze ou
quinze cent hommes de bonnes troupes; il vint une nouvelle quelques
temps après que notre grand roi que Dieu le bénisse
et conserve, le devait tirer de ce pays et d'envoyer un général
à mettre à sa place monsieur le maréchal de Villars.
Départ
de mr le maréchal de Montrevel.
En effet mr le maréchal de Montrevel partit de Sommières
où il avait resté quelques temps le 17e avril 1704 et
de là il alla à Montpellier .....
Défaite
des camisards.
Mais il y a à remarquer que quelques jours avant son départ
étant à Sommières et ayant eu avis que les camisards
étaient en Vaunage en nombre de douze cents ou environ, fit
une feinte ayant fait ses adieux, cependant il avait donné
ses ordres aux troupes de Lunel commandées par mr de Granval
et des environs, même à celles de Nîmes qui ne
furent pas à temps de se rendre en Vaunage en telle part ou
il se rendrait lui même avec les troupes qu'il avait. Il conduisit
si bien cette affaire qu'il rencontra lesd camisards et qu'il les
battit si fortement qu'il en resta sur la place de compte fait 800
et tant de blessés qui sont morts d'un côté et
d'autre, qu'on a trouvé partout des morts on a poursuivi les
fuyards jusque vers Montpezat ou St Mamert ou la bourgeoisie en ayant
rencontré, ils en ont tué beaucoup, enfin cette grande
troupe de camisards a été défaite, leurs armes
prises ce qui est fort considérable. Ainsi cette action vaut
pour le moins quatre fois autant et plus que celle qu'ils firent dans
la contrée de St Chaptes dont j'ai ici parlé ci devant,
aussi nos religionnaires sont mortifiés d'une manière
étrange et donne du coeur aux pauvres catholiques.
Entrée
de mr le maréchal de Villars dans Nîmes. Madame sa
femme y est entrée le dimanche 25e mai 1704 environ 1 h dans
l'après midi, les canons ayant tiré.
Le lundi 21e avril 1704 à midi précisément, monsieur
le maréchal de Villar entra dans Nîmes, il vint par Beaucaire
, et vient commander en province à la place de mr le maréchal
de Montrevel; monsieur de Lamoignon de Baville intendant de la province
fut le prendre à Beaucaire avec grand monde qui sont allés
au-devant, il loge avec mr l'intendant chez mr Nouy lieutenant principal
en attendant sa maison et son train.
Entrée
de Cavalier chef des fanatiques dans Nîmes.
Le vendredi 16e mai environ l'heure de 4 après midi 1704, le
nommé Cavalier du lieu de Ribaute, boulanger de son métier,
et auparavant goujat gardant les troupeaux, agé d'environ 22
ans, de tout cela nous en avons su des preuves certaines, vint en
cette ville, tout le monde en a été extrêmement
étonné, étant le chef de toutes les troupes fanatiques,
souverain comme un roi dans icelles, lui qui a tué, fait tuer,
massacré et égorgé une infinité d'anciens
catholiques et quantité de pretres, lui qui a fait bruler quantité
des églises et maisons, dans les Cévennes et dans tout
ce pays et presque toutes les métairies de ce terroir de Grezan,
plan de Beaucaire et en tant divers endroits, et étant donc
arrivé danc cette ville il se rendit au jardin dit du couvent
des P. Recollets, passant par la porte du jardin, lad porte regarde
le fossé de la ville, ou il trouva monseigneur le maréchal
de Villars, avec mr de Lalande lieutenant général,ayant
eu une longue conférence, qu'on ne sait encore ce qui fut résolu
et arrêté, lui ayant à sa suite quelques cavaliers
de sa troupe qui était à St Cezari, la ou il y avait
3 capitaines des troupes du Roi pour otage parce que si led Cavalier
eut été tué, on aurait tué et massacré
lesd 3 officiers. Il y avait hors la ville plus de 6000 ames pour
voir ce malheureux, et il s'en alla après la conférence
joindre sa troupe à St Cezary ou elle resta en l'attendant;
tout le monde croit qu'il s'est soumis pourvu qu'on lui donne la vie
de se rendre et de servir sa majesté et de faire poser les
armes à tous les autres chefs et troupes fanatiques, c'était
une guerre très facheuse parce que tout le pays était
pour ces gens la, parce que près tout ce pays sont de nouveaux
convertis mal intentionné pour notre grand Roi que Dieu bénisse
et conserve, de cette ville jusques à St Cézary tout
le chemin était bordé de monde pour voir par curiosité
ce maudit, qui a fait tant de bruit et de malheurs qu'il n'a pas tenu
a lui que tout le pays ne se soit soulevé; monseigneur le maréchal
a envoyé au roi un courrier pour l'informer de la conférence
et de l'obéissance que témoigne ledit Cavalier pour
sa majesté.
Et c'est visiblement un ouvrage de Dieu que cette maudite canaille
de fanatiques et rebelles se soit rendue et ça été
seulement depuis cinq à six jours que le bruit a courru de
cette paix
L'histoire est suivant que j'ai appris et que tout le monde sait que
monseigneur le maréchal de Villar avec monseigneur de Baville
intendant de cette province étant allés dans les Cévennes
et dans tout le pays accompagnés de troupes et dragons, ayant
dans leurs marche fait assembler les consuls et habitants qui y pouvaient
être, monseigneur le maréchal leur a présenté
de la part du Roi pardon et amnistie s'ils se rendaient, sinon que
tout serait passé par le fil de l'épée: cela
a donné à penser à tous les nouveaux convertis,
bref il est vrai de dire que le sieur Lacombe du lieu de Vézenobre,
fermier fait 3 ou 4 de Campagne et Signan appartenant au chapitre
fut employé comme connaissant particulièrement led Cavalier
pour l'avoir servi autrefois et avoir été led Cavalier
plusieurs fois avec sa troupe de huit cent et quelquefois de douze
cents hommes aud Vézenobre, de chercher dans les bois led Cavalier
ce qu'il fit, et l'ayant recontré dans le bois du Bouquet après
beaucoup de peine et en danger d'être tué par des sentinelles
fut annoncer ce qu'on aurait fait, nut été qu'il fut
connu parce qu'il est nouveau converti, soit qu'il eut du bonheur.
Il prit prétexte de lui dire qu'il lui portait une bonne nouvelle
qui était que son père et son frère qui étaient
détenus prisonniers au fort de St Hippolyte comme il savait
avaient été mis en liberté ce qui réjouit
fort led Cavalier et il lui sut bon gré de cette nouvelle parce
qu'il croyait qu'à sa considération on les ferait périr,
et s'étant entretenus quelque temps ensemble sur les affaires
maudites et lui ayant représenté que tot ou tard les
troupes du Roi l'auraient et qu'ils le feraient mourir d'une mort
cruelle et tous ses adhérents au lieu que s'il se soumettait
il pourrait se tirer d'affaire, et que mr de Lalande qui gouvernait
et commandait les troupes du Roi dans les environs d'Alès désirait
de conférer avec lui, il répugna un long temps, enfin
led sieur Lacombe par belles et bonnes paroles le gagna et l'obligea
même d'écrire à mr de Lalande, et le rendez vous
fut au château en bas de Vézenobre où led sieur
Lacombe loge comme rentier du domaine qui en dépend, led Cavalier
s'y rendit le jour destiné et monsieur de Lalande aussi, led
Cavalier n'ayant avec lui qu'environ 30 cavaliers et mr de Lalande
environ 40 dragons, ils conférèrent longtemps ensemble
en plate campagne, après cela mr de Lalande vint a meme temps
porter à monseigneur le maréchal cette nouvelle, lui
ayant dit sans doute les particularités et leur arrêté;
ce que tout le monde n'a pas su, Monseigneur ne manqua pas d'envoyer
incontinemment aussi un courrier et un autre de la conférence
faite en cette ville, comment na été faite qu'en conséquence
de celle faite à Vézenobre, et tout cela a été
fait comme l'éclair et le tonnerre et tout le monde surpris,
aussi après cette conférence faite en ville mr le maréchal
donna ses ordres qu'il n'y eut point de garde ni sentinelles aux portes
de ville, que les milices bourgeoises ne vont plus, ni ceux de Cordes,
tout le monde va et vient comme s'il n'y eut rien de fait.
Cependant Cavalier s'était rendu en ville et allait partout
suivi de toute la populace comme s'il eut été un des
plus grands seigneurs du royaume ayant des gardes de sa troupe et
même quelques soldats des troupes du Roi, et tout le monde,
grands et petits s'empresse de le voir comme ayant fait grand bruit,
étant fort petit ayant qu'environ 22 ans et n'ayant pas grande
mine, cependant par politique on lui accorda tout ce qu'il pouvait
décreter à l'exclusion de l'exercice de la religion:
même le Roi lui accorda un brevet de colonel d'un régiment
a un maraud qui a été berger croyant par là que
tout finirait et que ces maudits se rendraient néanmoins, les
troupes fanatiques et rebelles traitant ledit Cavalier de traitre
n'ont pas voulu se rendre; les chefs qui restent qui sont les nommés
Roland Laporte, Castanet et quelques autres font avec leurs troupes
beaucoup de maux et malheurs, mais nous croyons que monseigneur le
maréchal de Villars avec les troupes qu'il a pourra les chatier
et les réduire, ledit Cavalier ayant parlé et donné
des grands mémoires et des instructions miraculeuses, il est
entré avec lui environ deux cents hommes qui ont été
conduits au lieu de Valabrègue, qui est entre deux eaux, ledit
Cavalier étant parti avec eux pour se rendre à Brisa
où est son quartier où on lui enverra tous ceux qui
se rendront, cela surpasse l'imagination que ledit Cavalier étant
convaincu de mille massacres et incendies qu'il a fait ou fait faire
à ses troupes il ait été pardonné et récompensé
de ses crimes, mais tout cela est mystérieux, on a cru par
là attirer les autres, mais ce ne sera pas sans peine et ces
maudits s'attachent présentement à enlever tous les
chevaux qu'ils rencontrent et voltigent dans tous les chemins pour
cela.
Le
te deum chanté pour la naissance de monsieur le duc de Bretagne.
Le dimanche 20 juillet 1704 fut chanté dans l'église
cathédrale de Nimes à cinq heures précisément
avec grande solennité pour la naissance de mr le duc de Bretagne
né le 25e juin dernier, fils de mgr le duc de Bourgogne icelui
fils de mgr le dauphin, et icelui fils de notre grand roi Louis quatorze
regnant, led monseigneur de Bretagne marié avec la fille ainée
du duc de Savoie son autre fille étant mariée avec le
roi d'Espagne frère du duc de Bourgogne que nous appelions
quand il était en France monsieur le Duc d'Anjou. Assistait
mr le maréchal de Villars envoyé ici pour chatier les
fanatiques et rebelles, mr de Baville intendant de cette province
ayant à leur suite quantité d'officiers de guerre et
noblesse, tous les ordres religieux. Mr le maréchal ayant un
prie-Dieu devant le grand autel ...... grand musique, et monseigneur
l'éveque Esprit Fléchier étant dans sa chaise,
le canon fit une décharge pendant que l'on chantait, le soir
il y eut à l'esplanade un grand feu d'artifice de concert ayant
par deux fois il fut tiré et les troupes qui bordaient .....
ayant par deux fois fait décharge, et toutes les fenetres des
maisons illuminées, monsieur le maréchal ayant donné
un grand souper et bal aux dames et messieurs au jardin de monsieur
de (?) precenseur qui est proche les pères de La Doctrine à
la bourgade des Precheurs, il y avait à cette esplanade au
fond d'icelle un jet de vin où tout le monde y allait boire;
la niche et tous les ormeaux de cette place étaient garnis
de tentures, cela faisait un effet très beau et cet endroit
éclairé autant qu'en plein midi; le dimanche suivant
27e dud mois, les pères capucins firent sur le soir un autre
feu de joie devant leur église. La devant c'est-à-dire
auprès de leur église, il y avait des tentures aux deux
étages et au milieu il y avait les armes de monseigneur le
duc de Bretagne et avec ensuite le long des .....................bien
rangées toute la ville en grande réjouissance.
Exécution
très considérable de Roland et de cinq autres chefs
de parti.
Le samedi 9e aout 1704 environ 1 heure de l'après midi on roua
tout vifs cinq de ces rebelles ou fanatiques de considération
que les troupes du roi prirent entre Castelnau et Valence un peu avant
le jour, ils s'étaient retirés au chateau de Castelnau,
les troupes qui étaient à Uzès y furent et dans
la nuit sur la nouvelle qu'on eut, les sentinelles de ces malheureux
furent surprises sauf celle qui était au plus haut du chateau
qui cria sauve qui peut, et n'eut été cela on les aurait
tous pris dans le chateau, parmi lesquels était Rolland ce
fameux chef de parti qui a fait tant de mal et malheureusement il
fut tué par un dragon, le dessein était de le prendre
en vie pour le (faire ?) chanter, pour etre ensuite exécuté
d'une des plus cruelles morts que l'on se put imaginer; on le porta
travers d'un cheval, on l'embauma après lui avoir oté
les entrailles et tout le reste, on cousu son ventre, on le porta
en ville le jeudi 7e dud mois il arriva sur le soir, il fut exposé
tout de son long sur un ais à la place des casernes ou tous
le monde l'allait voir comme par miracle, il y resta jusqu'au samedi
que l'on executa les cinq hommes trouvés dans sa trouble (pour
troupe ?); ce cadavre fut porté à l'esplanade et on
le brula à vue de ses cinq roués qui restèrent
en vie longtemps apres etre brulés, toute l'esplanade était
bordée de gens de guerre et dragons, ils moururent comme des
enragés et des diables n'ayant pas voulu écouter ni
pretres, ni religieux, au contraire il y en eut de ces malheureux
qui maudirent et repoussèrent avec rage lesd pretres et religieux.
Autre
exécution.
Le lundi XIe du mois d'aout 1704, on coupa la tête à
un gentilhomme et on pendit un nommé Martin de cette ville
qui aurait été roué n'eut été les
grandes sollicitations, ils furent pris en mer sur nos cotes avec
quelques barques qui portaient des fusils et autres armes que l'empereur
et le duc de Savoie faisaient voiturer en ce pays pour armer les fanatiques
et rebelles de ce pays qui se seraient tous soulevés quand
ils se seraient vu armés; la plupart des barques se sauvèrent,
il n'y en eut que deux qui furent prises du coté d'Antibe avec
beaucoup de monde, parmi lesquels le susd gentilhomme, dont je n'ai
pu apprendre d'où il était et ledit Martin furent pris
et conduits en cette ville, ainsi cette conspiration n'a pas pris
fin par la grace de Dieu, sans cela tout le pays était perdu.
Payement .... à la servante.
Le 26e septembre 1704 en présence de mr Teissonière
procureur et le sr Escandelier marchand mon rentier j'ai payé
à Marie Reimonde qui dit être mariée, étant
du coté de la ville des Vans la somme de 36 livres pour les
gages de 2 ans 11 jours finis. Le 23 e dud mois de septembre auquel
jour elle nous quitta brusquement et sans sujet et sans etre pourvue
d'aucune servante après nous avoir servi l'espace de 5 ans
étant entré dans les six .... lequel payement je lui
ai fait, savoir en un double louis d'or neuf valant 30 livres, et
3 livres pour sa capitation de l'année dernière 1703,
et pour la convente et 3 livres pour un sien notaire, 3 livres que
Lafonte ma femme lui a baillé fait quelques temps ainsi qu'elles
ont convenu je lui ai baillé de trop 19 sous en lui baillant
le double-louis d'or qui vaut 30 livres parce qu'il fait 3 ans qu'elle
fut en capitation et que je paye lesquels 20 je promis de lui donner
le jour de l'an pour étrenne je lui aurais donné aussi
les 2 autres capitations de 30 sous chacune si elle en eut usé
comme il faut.
Départ
de mr le maréchal de Villar.
Le jeudi 8 janvier 1705, monsieur le maréchal de Villar arriva
en cette ville à environ 1 heure venant de Montpellier tenir
les Etats qui ne sont pas néanmoins finis, et il partit le
lendemain 9 environ l'heure de 6 pour se rendre à Paris. Il
a été fait cordon bleu du pays par (reste blanc)
Achat
d'une perruque.
Le lundi 2 février 1705 le sieur Grandchamp maitre perruquier
après plus d'un an que icelui avait commandé une perruque
me l'apporta ledit jour chez moi et lui bailla à même
temps sans renvoyé dix livres qu'elle m'a couté et n'ai
voulu pas moins.
Arrivée
du prince Bervic dans Nîmes.
Le mercredi 28 mars 1705 monseigneur le prince Bervic fils naturel
du roi Jacques d'Angleterre arriva en cette ville; il vient par ordre
du roi commander en cette province et le lendemain partit pour Montpelier;
les canons tirèrent.
Exécutions.
Dans la fin du mois d'avril et au commencement du mois de mai 1705
on a pendu, roué une bande (?) de ces camisards et presque
tous de cette ville jusques à 24. C'est une chose épouvantable,
Dieu permit que tout se découvrit et ils s'accusent les uns
les autres; ils devaient massacrer tous les catholiques suivant leur
complot, il devait se faire une descente sur les côtes des pays
étrangers, mais leur entreprise a été découverte.
Louage
d'une servante nommée Anne.
Le lundi 18 mai 1705 Anne Chambonne fille de Jean Chambon de la ville
des Vans s'est louée chez nous à 18 livres l'année
à cause que notre précédente servante nous ayant
demandé 8 jours pour aller à Largentière voir
sa mère elle y a resté quatre semaines.
Payement
fait à ladite Anne servante.
Le 23 juillet 1705 Lafonte notre femme a baillé à lad
Anne servante 20 sous pour lui aider à payer ses souliers et
avons baillé aussi 20 sous pour acheter encore ses blancs faisant
2 livres à compter de ses gages.
Achat
d'une perruque.
Le 25e dud mois de juillet 1705 acheté du sieur Grandchamp
maitre perruquier une perruque légère pour l'été
payé 8 livres.
Payement
à Me Seguret mon beau fils.
Le 18e septembre 1705 le sr Seguret notaire mon beau fils et moi sommes
venus aujourd'hui a compte des intérets que je lui devais de
cinq années finies le 29e mars dernier se portant à
raison de 37 livres 4 sous 5 deniers par an pour le capital de 670
livres à la somme de 186 livres sur laquelle je lui aurais
payé en diners paiement 151 livres 18 sous reste que je lui
devais pour solde desd 186 livres la somme de 34 livres que je lui
ai comptée lors de sa quittance dud jour 18e septembre que
j'ai en ... qui porte en terme général qui est payé
des intérêts du passé jusque audit jour 29 mars
dernier.
Paiement
de la taille de 1705. A été imposé lad année
pour chacune 2 livres.
Le jour d'hui 17e dud mois je paye ma taille de cette année
1705 montant 7 livres 9 sous savoir 2 livres 14 sous pour ma taille
compris celle du jardin de mr de Chabord que je lui ai vendu il y
a longtemps, la note est dans ce registre, 3 livres 15 je paye pour
la taille de ma femme jacq (?) Lafont 19 livres pour la capitation
et 1 livre 10 pour celle de la servante qui est sur mon compte parce
que celle que j'avais lors de l'imposition n'est plus ici il y a plus
de deux mois on me met en présage en faculté 2 livres
ce qui est injuste, le sr Dupré second consul m'a fait quittance
que j'ai avec les autres.
Argent
baillé à Anne la servante.
Le lundi 12 octobre 1705 Lafonte notre femme a baillé à
Anne notre servante 10 livres acompte de 15 livres de ses gages duquel
argent elle est allé voir sa soeur servante chez le sr Larne
pour lui acheter un habit pour l'hiver, ci devant ayant reçu
par l'article ci-dessus 2 livres, a reçu jusque à ici
10 livres
Quittance
faite par le sr Privat receveur de l'Hotel-Dieu.
Le 15e octobre 1705 le sr Privat marchand receveur de l'Hotel-Dieu
m'a fait quittance que j'ai en liasse de la somme de 100 livres acompte
de ce que je devais à l'hotel de Dieu de la pension que je
lui dois comme héritier de feu mr Aubin .... possesseur de
la maison que je jouis, je dois plusieurs années des arrerages
de cette pension qui monte à 116 livres, à raison de
quoi nous sommes en différent avec le bureau dud Hotel-Dieu
nous nous devons régler parce que la rente de lad maison me
revient à plus de 170 livres compris la taille que je paye
et les intérets de mes réparations ladite maison ne
pouvant porter de rente plus que 100 livres si bien que je suis fort
grevé, et tenant la maison comme je la tiens cella capable
de me ruiner, mr Nouy ad du roi se mêle de nous ajuster, si
Dieu me donne vie j'en ferai régler la chose, j'en ai dressé
pour cela des mémoires et minute du contrat que j'ai parmi
mes papiers.
Autre
quittance faite par ledit sieur Privat.
Led jour 15 octobre ledit sieur Privat m'a fait quittance que j'ai
aussi en liasse de 6 livres 20 s. pour la route de la petite cave
appartenant à l'hotel-Dieu joignant ma maison ayant échu
au jour st Michel dernier et le jour d'hier je fis semblable à
mr Philibert Larguier à qui je l'ai sous arrentée.
Paiement
à Berrias masson.
Le 6e novembre 1705 environ l'heure de huit de matin dans mon étude
payé à André Berrias maitre masson nouveau converti
demeurant au faubourg des précheurs. 4 livres 9 s. pour reste
et entier payement de la somme de 10 livres pour réparation
faite à ma cauquière committant à avoir refait
l'escalier de la maison, réparé la creneau des murailles
du jardin, mesme la muraille en partie qui est du coté du ...
respondant au porche ou escalier de la maison du sieur Cournon, réparé
quelques enduits du ..... des chambres, le couvert (?), et posé
une pile contre le puits qui a été tirée et était
dans la muraille du coté du fossé avons fourni tout
à la réserve de la chaux et pile; ci devant et au commencement
de la besogne je lui bailla une piece de 38 sols et quelques temps
après un écu ayant valeur 3 livres 12 ...
Paiement fait à Anne servante.
Le 22è avril 1706 Lafonte ma femme a baillé à
Anne notre servante 16 sols pour acomoder ses souliers et jambieres.
Paiement
au sr Seguret mon beaufils.
Le 29e mars 1706 le sr Seguret mon beau fils ayant besoin de désenroller
son fils qui s'est enrollé à l'estourdie, il est à
Perpignan présentement dans le régiment de cavalerie
de Fleche, m'aurait prié de lui preter quelque argent pour
cela afin de tirer son fils, je lui ai baillé 109 livres, m'ayant
fait sa quittance ledit jour 29e mars qu'il preteste pour intéret
.... à échoir. Je lui ai laissé faire ladite
quittance comme il a voulu car il devait sur lad quittance de 109
livres et 3 à savoir 37 livres 4 pour l'interet d'une année
qui finit led jour 29e mars 1706 et les 71 l 18 il les doit prendre
en déduction des 670 livres que je lui dois du reste de la
constitution faite à sa femme si bien qu'il me devra l'interet
d'une année qui finira le 29e mars 1707 qu'alors je lui devrai
37 livres d'intéret desd 670 livres ...
Eclipse.
Le mercredi 12 mai 1706 à neuf heures du matin il fit un grand
eclipce qu'il y a bien du monde et gens vieux qui dirent que depuis
que le monde est monde il n'y avait été fait un semblable:
la lune couvrait entièrement le soleil, cela fit qu'on regardait
très facilement l'éclipse sans que la vue fut trouplée
(sic); il fit nuit pendant un gros quart d'heure qu'il dura, et moi
étant alors en chapitre comme ici des messieurs dud chapitre
qui tiennent tous les mardis le chapitre ce jour-là lesd messieurs
étant de retour de la dernière preception des rogations,
il s'etint et pendant qu'il dura je ne puis point écrire tant
il était obscur et nuit; les gens ne se voient pas dans les
rues, ni on n'y voyait dans les maisons, et qu'il faut y ajouter foi
car je ne grossis en rien.
Siège
de Barcelone oté et aussi celui de Turin.
Il est arrivé malheureusement que le roi d'Espagne petit fils
de notre grand roi Louis 14 ayant assiégé Barcelone
par le secours de notre grand roi y ayant ou environ 18 ou 20 mille
hommes tant français qu'espagnol , le roi d'Espagne présent
on fut contraint d'ôter le siège en cause du secours
que cette place reçut d'Hollande et d'Angleterre qui mirent
environ 80 vaisseaux de ligne et quantité d'autres bâtiments
de telle sorte que nos vaisseaux qui étaient devant Barcelone
en nombre d'environ 25 furent obligés de se retirer et d'aller
à Toulon, toute la Catalogne étant révoltée
contre le roi d'Espagne le siège fut levé le 13 mai
1705 et le roi obligé de se retirer et passer par Bayonne pour
aller en Espagne, c'est à dire qu'il fallut venir du coté
de Narbonne ne pouvant pas passer par la Catalogne et l'armée
retirée du coté de Perpignan, ça été
une grande consternation.
Croix
arborée à St Gervasy.
Depuis environ le mois de mars 1706 le nommé Bertoumieu ci
devant berger qu'on dit être homme de bien par la permission
de mgr Esprit Fléchier évêque de Nîmes planta
une croix de bois à une montagne du pays apppelée Puechicart
tout près le lieu de St Gervasy, cette croix ne fut pas plutot
arborée qu'il y eut un concours de monde épouvantable
s'y faisant grands miracles qu'on ne croit pas encore, il faut que
mons. l'évêque fasse faire ses enquêtes et preuves
de tant d'estropiés et aveugles qui ont recouvré la
vue de telle sorte qu'on vient de Marseille et de toute la Provence,
de tout le Comtat d'Avignon, de Montpellier, de Béziers et
de toute part en dévotion à cette croix on fait compte
que jour et nuit il y a les deux mille personnes et dans les villages
voisins font des processions à pieds nus on ne saurait dire
ni exprimer la grande foule du monde qu'il y va dans la suite du temps
Dieu nous apprendra s'il lui plait tout ce qui y sera.
1706.
Paiement à Anne notre servante.
Le mercredi 23 ème juin veille de la fête St Jean Baptiste
j'ai baillé à Anne notre servante un écu neuf
qu'elle dit vouloir retirer d'un teinturier son habit qu'elle a fait
teindre en noir pour porter le deuil de son père et pour faire
faire un courset
Paiement
de ma taille de 1706.
Le 16e juillet 1706 j'ai payé au sieur Jaussaud exateur des
tailles de cette ville la somme de 81 livres savoir 28 livres 3 sous
pour ma taille de cette année 1706 y compris mon cabaux et
industrie autrement faculté jointe (?) me met en présage
2 livres pour la taille de Marie Lafont ma femme sous les 5 de Jaques
Lafont 32 livres pour ma capitation 20 livres comme l'année
dernière compris 30 s pour la capitation de la servante.
Je suis en présage 8 livres 12 s 10 savoir ma maison 8 livres
le jardin vendu à mr Dechaband dont il me doit remboursement
la taille depuis son aquisition parce qu'il ne s'en est pas chargé
et pour industrie 2 livres, cela fait livres 2 sous 10 deniers en
presage
Le présage de ma femme 12 livres 16 s. 4 d. savoir la maison
de la rue des Cardinaux 2 livres 16s. 5 d., la Cauquière 6
livres, le Clos 9 livres 16
Installation
de mr de Vinet de Montclus en la charge de juge mage et lieutenant
général.
Le mardi 20e juillet 1706 mr de Vinet de Montclus fils de mr le président
de Montclus fut reçu juge mage et lieutenant général
en la sénéchaussée et siège présidial
de Nimes fut installé en lad charge sollicitation son installation
le matin arriva hier de Toulouse où il fut reçu et bientôt
expédié parce que ces messieurs du Parlement eurent
beaucoup de considération pour lui à cause que mr son
père avait été conseiller aud parlement et fut
venu et installé en la charge de président et juge mage
le jeudi 18e juillet 1686 a part ci devant au folio 185 on lui fit
les mêmes honneurs qu'à mr son père marqués
aud folio 1686. Le susd jour fut la dernière audience il tint
le président et sénéchal tout ensemble l'après
signé, tous les corps le furent visiter et par conséquence
celui des notaires je porta la parole comme doyen.
Argent
baillé à Anne servante.
Le 17e août 1706 j'ai baillé à Anne notre servante
un écu neuf valant 3 livrres 12 pour faire deux chemises de
toile écrue grise et un courset sans manches, ma femme lui
a fait et coupé lesd chemises et courset gratis.
Encore
argent baillé à la servante.
Le 30e septembre le lendemain de la St Michel 1706 payé à
Anne notre servante deux écus neufs valant 3 livres 12 pièce
faisant 7 livres 4 qu'elle veut employer à acheter de cadis
rouge pour faire une ganache et quelqu'autre chose. Sa soeur qui demeure
chez le sr Larue et notre femme furent acheter le cadis, tous les
paiements qu'elle a receu ci devant comme il coute depuis que nous
l'avons louée qui fut le 18 mai 1705 comme apar ci-devant se
porte à 20 livres 2 joint à cela les 7 livres de cet
article reviennent en tout jusqu'a aujourd'hui à 27 livres
6
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toujours présent pour l'histoire camisarde, la masse et la
dispersion des études et documents sur le sujet, la volonté
d'élargir les contacts entre historiens, érudits, chercheurs
ou simples curieux de l'histoire des Cévennes, la volonté
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et pays du refuge en particulier), nous ont amené à
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du coût de la création et du fonctionnement pendant la
première année est de 14 000 francs, d'où la
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