Les
dégats aux métairies du marquis de Vézenobre
aux Appens, paroisse de Lamelouze (diocèse
de Mende), à l'Arboux et à Camfielgous, paroisse de
Soustelle (diocèse d'Alès)
 |
Les
Appens actuellement
|
Les
dégats aux Appens, paroisse de Lamelouze (Archives départementales
de l'Hérault C262)
Nous
Louis Delpuech notaire et expert royal et Charles Condamine bourgeois
de la ville d'Alès experts pris et nommés par Me Jean
de Bertrand de la Bruguière juge général de la
ville et comté d'Alès, président pour le Roi
en l'assiette dudit Alès, commissaire subdélégué
de monseigneur de Basville intendant de Languedoc pour procéder
à la vérification et estimation des dommages soufferts
par messire Abel Antoine de Calvière deleugne marquis de Vézénobres,
baron de Boucairan et Sr Jean Brès son fermier aux métairies
des Appens, paroisse de Lamelouze, diocèse de Mende, et de
celles de l'Arboux et Campfielgous paroisse de Soustelle diocèse
d'Alès, après avoir été sermentés
et reçus experts en la forme ordinaire par devant ledit sieur
de la Bruguière, nous nous sommes transportés audit
lieu des Appens accompagnés dudit sieur Brès et d'une
escorte à nous donnée pour la sûreté de
nos personnes, lequel nous a remis l'état des meubles qui lui
ont été pillés et brûlés, préalablement
affirmé par serment par devant ledit sieur de la Bruguière,
et le tout vu et examiné et exactement mesuré disons
et rapportons ladite maison des Appens être composée
de trois étages, y ayant onze portes et neuf fenêtres,
partie de la maison étant en plancher et l'autre partie voûtée
contenant icelle trente neuf canes en plafont et trouvé que
les portes et fenêtres ont été brûlées,
les planchers aussi brûlés et démolis, partie
des murailles calcinées et les voutes menaçant ruine
par le feyu qu'il y avait par dessus et par dessous, lequel dommage
avons estimé neuf cents soixante livres, plus autre maison
y ayant deux membres à deux étages avec trois portes
et deux fenêtres, les couverts, planchers, portes et fenêtres
ayant été brûlés, partie des murailles
aussi calcinée, contenant huit canes de plat fond estimée
deux cents quinze livres, plus autre petit membre joignant, y ayant
une porte, le couvert étant brûlé contenant de
plat fond deux canes qu'avons estimé trente livres
Plus nous étant transportés au lieu de l'Arboux à
la métairie dudit sieur Brès, étant composée
partie à trois étages, l'autre à deux, y ayant
quatre portes et cinq fenêtres avec trois membres à plein
pied, étant brûlés les couverts, planchers, les
voutes menaçant ruine à cause du feu, partie des murailles
calcinées, les portes et fenêtres aussi brûlées,
contenant en plafond seize canes quatre pans qu'avons estimé
six cents quarante six livres, et de là nous sommes transportés
à la métairie de Camfielgous appartenant audit sieur
Brès, étant à trois étages, y ayant six
membres à plein pied avec vingt neuf portes et quinze fenêtres,
et trouvé les planchers, couverts, portes et fenêtres
brûlées, partie des murailles calcinées, conteant
en plafond cinquante et une canes qu'avons estimé deux mille
huit cent quarante livres
Plus avons procédé à l'estimation des meubles
et effets sur ledit état remis par ledit sieur Brès
comme s'ensuit :
premièrement quatre salmées consegal enlevés
soixante huit livres, plus neuf barrals de vin vingt sept livres,
plus une cuve qui fut brûlée coulant deux vesseaux et
demi bois châtaignier quarante livres, plus une autre cuve à
fouler les raisins bois châtaignier estimée dix livres,
plus cinq tonneaux de six barrals la pièce vingt-sept livres,
plus une table bois cerisier tournoyée estimée cinq
livres, plus un garde-robe douze livres, plus deux grands archibancs
six livres, plus deux lits bois noyer dont l'un était garni
de sa paillasse, deux linceuls et une couverte vingt-six livres, plus
un grenier bois châtaignier fermant à clef tenant vingt
salmées de châtaignes trente livres, plus une table bois
noyer six livres, plus six chaises trois livres, plus quatre coffres
fermant à clef bois noyer vingt-sept livres, plus vingt quintaux
paille de panis quinze livres, plus trente quintaux d'autre paille
quinze livres, plus une paire de chenets et un grand pendant noir
seize livres, plus vingt salmées de châtaignes blanches
trois cents vingt livres, plus dix canes d'ais bois châtaignier
les montants pour les vers à soie trente-six livres, plus une
table quatre livres, plus un autre grenier bois noyer quatre livres,
plus autre grenier de bois de noyer fermant à clef tenant dix-huit
salmées de châtaignes estimé vingt-cinq livres,
plus quatre coffres fermant à clef de bois de noyer, deux desquels
étaient neufs tenant deux salmées chacun trente-six
livres, plus deux garde-robe bois noyer trente livres, plus deux bois
de lit, l'un desquels était garni de sa couette, deux linceuls,
une couverte de laine, et d'un traversier de plume quarante livres,
plus six chaises de corde trois livres, plus deux chenets et le pendant
de la cheminée dix livres, plus une cuve aussi brûlée
coulant trois vaisseaux cinquante livres, plus autre cuve à
fouler les raisins huit livres, plus sept tonneaux, l'un tenant neuf
barrals, les autres six barrals la pièce estimé iceux
trente-neuf livres, plus douze quintaux de foin douze livres, plus
vingt quintaux de paille dixlivres,
Plus dans la métairie de Camfielgous ont été
brûlésles effets suivants et par nous estimés
comme suit, savoir trois grands archibancs estimés quinze livres,
plus deux maies estimées huit livres, plus une grande table
bois noyer tournoyée estimée huit livres, plus deux
coffres fermant à clef tenant deux salmées chacun seize
livres, plus une grande table longue avec ses escabeaux dix livres,
plus un dressoir pur la vaisselle huit livres, plus deux garde-robes
bois noyer fermant à clef vingt-cinq livres, plus deux grans
coffres tenant deux salmées chacun fermant à clef seize
livres, plus le bois de deux livres douze livres, plus un petit cabinet
en déshabilloir fermant à clef bois noyer tout neuf
dix livres, plus un coffre fermant à clef, une petite table
et un miroir quinze livres, plus soixante canes de planches bois châtaignier,
du nombre desquelles y en avait dix canes de bois noyer ou cerisier,
et sept douzaines de solivaux et autres boisages servant à
faire les vers à soie comme montants, escarrasses et campagnèges
estimé le tout cent septante sept livres, plus un grand grenier
de bois châtaignier tenant vingt-cinq salmées estimé
quarante livres, plus deux chaises de commodité et une douzaine
d'autres chaises bois noyer tournoyées trente livres, plus
le bois d'un lit et un petit miroir neuf livres, plus une douzaine
de chaises de corde de paille quatre livres, plus deux cuves brûlées,
l'une coulant ciq vesseaux et l'autre trois avec leurs encastres,
estimées cent livres, plus douze tonneaux aussi brûlés,
huit de six barrals, et trois de quatre et l'autre de onze barrals,
estimé iceux quarante-six livres, plus deux cuves pour fouler
les raisins dix livres, plus deux leviers, quatre bèches, deux
chenêts de fer appelés pendant de cheminées, estimé
le tout douze livres, plus vingt bêtes à laine qui lui
ont été enlevées estimées icelles cinquante
livres, plus quinze ruches à miel quarante-cinq livres, revenant
toutes les susdites estimations à la somme de six mille trois
cents dix-sept livres, sans que dans icelle soit compris lles dommages
que ledit sieur Brès demande tant en son nom que dudit seigneur
de Boucoiran, consistant aux revenus desdites métairies qu'il
dit n'avoir pu percevoir pendant les troubles, à quoi nous
n'avons voulu toucher les demandes qu'il en fait étant sur
son état, et monseigneur l'intendant y aura tel égard
qu'il lui plaira, et en tout ce dessus avons procédé
le plus exactement qu'il nous a été possible, fait à
Lamelouze ce quatorzième novembre mil sept cent quatre.
Etat du brûlement, foules et ravages soufferts par noble Antoine
de Calvière, seigneur de Boucoiran, Vézénobres
et autres lieux et Me Jean rès son fermier, tous anciens catholiques,
aux métairies qu'ils ont au lieu des Appens paroisse de Lamelouze
diocèse de Mende, et de Soustelle, diocèse d'Alès,
qu'ils remettent à vous messieurs Charles Condamine et Louis
Delpuech, pour être prcédé à la valuation
et estimation desdites foulles et ravages qui ont été
faites tant par les scélérats attroupés que par
les troupes du Roi commandées par nos seigneurs le marquis
de Lalande et Jullien lieutenant général des armées
du Roi, pourà suite être pourvu pardevant qui appartiendra.
Premièrement à ladite métairie des Appens appartenant
audit seigneur de Boucoiran a été enlevé par
lesdits rebelles quatre salmées blé consegal qui se
vendait pour lors dix-sept livres la salmée, qui provenait
de la récolte de l'année 1703, soit monte soixante-huit
livres 68#
Plus neuf barrals de vin de la récolte de ladite année
1703 a trois livres le barral monte vingt-sept livres 27#
Et le deuxième décembre de ladite année mille
sept cent trois, monsieur de Jullien venant de faire brûler
le pays de Cévennes, fit aussi brûler la paroisse de
Lamelouze, comme aussi la maison dudit seigneur de Boucoiran qui est
composée à trois étages, y ayant quatre membres
à plein pied, bâtis à pierre chaux et sable, à
laquelle maison il y avait onze portes, à ce compris la grande
porte de la basse cour, les autres servant pour communiquer aux membres
de ladite maison, et neuf fenêtres, partie desdits membres étant
voutés, les autres avec leurs planchers à soliveaux,
les couverts sont de pierre plate, que pour remettre la maison en
l'état qu'elle était auparavant coûtera plus de
mille cinq cents livres, considéré que le feu a consummé
partie des murailles, que les poutres en tombant par terre ont aussi
éboulées, et que les matériaux sont fort éloignés,
d'ailleurs qu'il faudra détruire une grande quantité
de châtaigniers pour faire des poutres, soliveaux, chevrons
et douelles 1500#
A la cave de ladite maison a été brûlée
une cuve pour cuver le vin coulant deux vaisseaux et demi, bois châtaignier,
valeur du moins de quarante livres 40#
Plus une autre cuve pour fouler les raisins, bois châtaignier,
valeur de douze livres 12#
Plus cinq tonneaux de six barrals pièce valeur de vingt-sept
livres 27#
Au membre de la cuisine a été brûlé une
table bois cerisier tournoyée, valeur de cinq livres, cy 5#
Une garde-robe moyenne valeur douze livres 12#
Deux grands archibancs pour s'asseoir, valeur de huit livres 8#
A la salle a été brûlé le bois de deux
lits bois noyer, l'un desquels était garni de sa marfègue
paille, deux linceuls et une couverte, le tout valeur du moins de
vingt-six livres 26#
Plus un granier bois châtaignier fermant à clef tenant
vingt salmées pour loger les châtaignes, valeur de quarante
livres 40#
Une table bois noyer valeur de six livres 6#
Plus six chaises valeur de quatre livres 4#
Plus quatre coffres fermant à clef bois noyer valeur de quarante
livres 40#
Et par dessus lesdites chambres y avait vingt quintals paille de panis
valeur de vingt sols le quintal, monte vingt livres 20#
Plus trente quintals paille de blé valeur de dix sols le quintal
monte quinze livres cy 15#
Plus a été enlevé deux landiers et une grande
chaine fer appelée crémal pour soutenir e chaudron du
feu, le tout valeur du moins de 16 livres 16#
Davantage a été brûlée autre maison appelée
claie servant pour sécher les châtaignes, ensemble vingt
salmées de châtaignes blanches qui étaient dedans,
ainsi qu'a été vu par Mr de Jullien et les habitants
de ladite paroisse de Lamelouze, valeur lesdites châtaignes
de seize livres pour chaque salmée comme se sont vendues ladite
année sur le lieu et au marché public, monte trois cent
vingt livres 320#
Et pour remettre ladite claie en l'état, soit pour les panneaux,
poutres, chevrons et douelle que pour la pierre plate du couvert,
étant celle qui y était cassée et consumée
par le feu, par ainsi étant de nulle valeur, ladite claie coutera
pour le moins cent livres 100#
Plus a été brûlé dix canes des ais bois
châtaignier et autre boisage servant à l'usage des vers
à soie appelés montants, campagnièges et Escarrasses
de valeur du moins de quarante livres cy 40#
Finalement à ladite métairie a été brûlée
autre ason servant de grange et étabe, cuvert de pierre plate,
à laquelle y avait un petit membre joignant composé
de trois portes et deux fenêtrs avec son plancher bois châtaignier,
que pour la remettre en l'état coutera du moins deux cent cinquante
livres, cy 250#
A la mértairie du lieu de l'Arboux, dans la paroisse de Lamelouze,
a été brûlé en premier six salmées
châtaignes blanches, valeur de seize livres la salmée
montant nonante-six livres, cy 96#
Plus une tabl valeur de quatre livres 4#
Plus un granier pour loger les châtaignes, bois châtaignier
fermant à clef, valeur de trente-cinq livres, lequel granier
tenait dix-huit salmées, cy 35#
Plus quatre coffres fermant à clef bois noyer, deux desquels
étaient neufs, tent deux salmées chacun, valeur quarante
livres, cy 40#
Deux garde-robes bois noyer valeur de quinze livres pièce monte
trente livres 30#
Plus le bois de deux lits, l'un desquels avait sa marfègue
paille, deux linceuls, une couverte laine, et un traversier plumes,
le tout valeur de quarante livres 40#
Plus six chaises de corde de paille valeur de trois livres 3#
Il a été enlevé deux landiers et un crmal vallant
dix livres 10#
A la cave a été brûée ue cuve pour cuver
le vin coulant trois vaisseaux, valeur de cinquante livres 50#
Plus autre cuve pour fouler les raisins valeur de douze livres 12#
Plus sept tonneaux,l'un coulant neuf barrals, les autres six barrals
pièce, valeur quarante-une livres 41#
Plus douze quintals foin valeur de douze livres 12#
Plus vingt quintals paille de blé valeur de dixlivres 10#
Finalement a été brûlé toutes les maisons
de ladite métairie de l'Arboux composées partie à
trois étages, l'autre à deux, y ayant quatre portes
et cinq fenêtres et trois membres à plein pied, la claie
étant du côté du levant, qui sont lesdits membres
couverts de pierre plate, que pour les remettre en l'état couteront
du moins mille livres
LLadite métairie des Appens, s'arrente annuellement trois cent
quatre-vingt livres 380#
Paye de taille royale huitante livres 80#
La métairie de Larboux s'arrente cent cinquante livres 150#
Paye de taille dans la paroisse de Lamelouze, Soustelle et Laval 24#
Suivent
dégats à Camfielgous (Soustelle)
Nous,
Louis Delpuech notaire et expert royal et Charles Condamine bourgeois
de la ville d'Alès, experts pris et nommés par e Jean
de Bertrand sr de la Bruguière, juge général
de la ville et comté d'Alès, président pour le
roi en l'assiette dudit Alès, commissaire subdélégué
de monsieur de Basville intendant du Languedoc pour procéder
à la vérification et estimation des dommages causés
par les scélérats attroupés tant à la
maison que aux jurguières de Michel Péladan dans la
paroisse de Lamemouze, après avoir été sermentés
et reçus experts en la forme ordinaire par devant ledit sieur
de la Bruguière, nous nous sommes transportés au Lunès,
paroisse de Lamelouze, diocèse d'Alès, accompagnés
dudit Peladan et d'une escorte à nous donnée pour la
sûreté de nos personnes, lequel en conséquence
du verbal d'exposition qu'il en a fait par devant ledit sr de la Bruguière,
icelui préalablement affirmé par serment être
véritable, nous a requis de vouloir procéder au fait
de notre commission, et l'ayant examiné disons et rapportons
y avoir une partie de ladite maison brûlée, qu'avons
estimé le dommage trente livres, ensuite serions allé
avec ledit Peladan vérifier les cerclières suivantes,
savoir une à las Pauzettes, une autre à las Souquettes,
une autre à la Levade, et l'autre à las basses Pauzettes,
le tout dans la paroisse de Lamelouze. Les rejetons des cercles ayant
été coupés ou brûlés, pouvant ya
voir à ce que nous avons pu juger quarante charges de cercles
lesquels à quatre livres la charge à quoi nous les estimons
montent cent soixante livres, plus dans une pièce appelée
lous Cerieires il fut brûlé un coin de chatanet bois
et issards estimé le dommage cet livres, plus dans ladite pièce
plusieurs arbres fruitiers y ont été coupés estimé
iceux vingt livres, revenant toutes les susdites estimations à
la somme de trois cent dix livres, et en tout ce dessus avons procédé
le plus équitablement qu'il nous a été possible,
fait à Lameluze le quatorzième novembre mil sept cent
quatre
Delpuech Condamine
A Monsieur
de la Bruguière juge général de la ville et comté
d'Alès, cmmissaire subdélégué de Mons.
de Basville conseiller de l'Etat ordinaire, intendant de Languedoc
Supplie humblement sr Michel Péladan du lieu du Lunès,
paroisse de St-Martin-de-Boubaux, ancien catholique réfugié
dans cette ville d'Alès depuis deux ans et dei, et vous représente
que les malheureux rebelles au service du Roi lui auraient fait pendant
ledit temps divers dégats dans ladite paroisse de Lamelouze
diocèse de Mende, en lui coupant et enlevant les cercles qu'il
avait dans ses jourguières, qui est cause qu'il a souffert
et souffre tant lui que sa famille qui se trouve nombreuse des aliments
nécessaires à la vie, et de plus le septième
du courant les malheureux fanatiques en haine de ce que le suppliant
se trouve ancien catholique furent lui brûler une pièce
chatanet appelée le Serière sise dans ladite paroisse
de Lamelouze, laquelle pièce est entièrement ruinée,
et comme ledit suppliant est entièrement frustré de
la jouissance de son bien, lequel souffre lui et sa famille d'une
pauvreté extrême
Il vous supplie, en attendant de poursuivre son indemnité d'ordonner
qu'il sera procédé à la vérification de
tous les dégats et dommages qui lui on été faits
par tels experts qu'il vous plaira commettre et faire justice.
L'an mil sept cent quatre e le douzième novembre à la
ville d'Alès, maison et par devant nous Jean de Bertrand sieur
de la Bruguière juge général de la ville et comté
d'Alès, président pour le Roi à l'assiette, commissaire
subdélégué de monseigneur de Lamoignon de Basville
intendant de Languedoc,
A comparu sr Michel Peladan du Lunès paroisse de St Martin
de Boubaux ancien catholique réfugié audit Alès
depuis les troubles des fanatiques, qui nous a dit et exposé
que les scélérats rebelles à sa Majesté,
de concert avec les autres religionnaires de la paroisse de Lamelouze,
lui coupant et enlevant les cercles qu'il avait dans ses jourguières
de valeur de plus de deux cents livres, et non content de ce lui brûlèrent
une pièce chatanet appelée le Serrière dans ladite
paroisse de Lamelouze dont les dommages se portent environ cent cinquante
livres, et encore lui brûlèrent partie de sa maison du
Lunès, mais parce quil y eut du secours qui ne s'en brûla
qu'ue partie qui peut l'avoir dommagé d'environ cinquante livres
lesquels exposés le sieur Péladan nous a affirmé
par serment la main mise su les saints évangiles être
véritables et d'autant qu'il est juste qu'il en ait son indemnité
contre les habitants nouveaux convertis dudit Lamelouze ou autrement
comme il sera de bon plaisir de monseigneur l'intendant, nous a requis
vouloir nommer les experts pour procéder à la vérification
et estimation de ses dommages
Ledit Pelatan n'a su signer
|