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Mars 2004 ........
........... Petite Salle (Jeudi 4 - 19h00, Samedi 6- 14h30, Mardi
9 - 20h45, Dimanche 14 - 20h45, Samedi 20 - 17h00, Dimanche 21 - 12h30
Avril
2004 ........ ........... Petite Salle, Vendredi 2 - 20h45, Samedi
3 - 17h00, Jeudi 8 - 20H45, Lundi 19 - 20H45, Mercredi 21
20H45, Lundi 26 20H45,
Mai 2004 ........ ........... Petite Salle
Samedi 1er 19H00
Dimanche 2 - 14H30
Mercredi 5 - 19H00
Samedi 8 - 12H30
Dimanche 9 - 14H30
Samedi 15 - 12H30
Juin 2004 ........ ........... Petite Salle
Jeudi 3 - 19H00
Samedi 5- 12H30
Mercredi 9 - 14H30
Abraham
sacrifiant se joue jusqu'au 10 JUIN 2004
Théâtre
du Nord-Ouest - 13, rue du Faubourg Montmartre
Paris IXè
Métros : Grand Boulevards ou Cadet
Tarif : 20euros TR : 13 euros
Réservations : 01 47 70 32 75
Distribution
Théodore
de Bèze / Abraham : Yves Berthiau
Jeanne d'Albret / Sara : Nathalie Hamel
Henri de Bourbon / Isaac : Jean-Christophe Leborgne
Cardinal Charles de Bourbon / Satan : Jean-Jacques Cordival
Louis de Bourbon, Prince de Condé / l'Ange, un Berger : Bernard
Sender
Serviteur / un Berger : Jean-Dominique Hame
Musiques
Loys
Bourgeois (Psaume 107), Nathalie Hamel ( Cantique de Sara), Henry
VIII Tudor ( Cantique du Berger)
THEODORE
DE BEZE (1519-1605)
Issu d'une famille noble, Théodore de Bèze fit ses études
à Orléans et à Bourges, menant joyeuse vie et
écrivant même des poèmes libertins qu'il reniera
ultérieurement. Initié aux idées de la Réforme
par l'humaniste allemand Melchior Wolmar, il se convertit en 1548,
après une grave maladie. Il s'enfuit à Genève
l'année suivante et est condamné à mort en France.
Calvin lui trouve un poste de professeur de grec à Lausanne
et en 1550 il écrit " Abraham sacrifiant", créé
la même année par des élèves du collège,
à l'occasion de la fête de fin d'année scolaire.
En 1558, Théodore de Bèze se fixe à Genève,
où il devient l'adjoint de Calvin, puis, en 1564, son successeur
à la tête de l'Eglise Réformée. Il voyage
beaucoup, prêchant la Réforme dans toute la France, participant
activement aux guerres de religion. Il termina la traduction en vers
français des Psaumes, commencée par Clément Marot,
et écrivit de nombreux pamphlets dirigés contre l'église
catholique.
ABRAHAM
SACRIFIANT ET LE THEATRE FRANCAIS EN 1550
Lorsque Théodore de Bèze écrivait son "
Abraham sacrifiant ", le théâtre français
était à un tournant important de son histoire. Depuis
le Moyen-age étaient représentés des Mystères,
des Passions ou des Miracles, donnés devant les églises,
que complétait un répertoire de farces, plus ou moins
grossières. Les mystères étaient extrêmement
longs, certains, comprenant plus de 30000 vers, occupaient parfois
plus d'une vingtaine de soirées. Un édit royal les interdit
en 1549.
Fin lettré, professeur de grec, Théodore de Bèze
disposait cependant d'un autre modèle : la tragédie
des anciens grecs. Une traduction en vers français de l' "
Electre " de Sophocle avait été représentée
en 1539, et, quelques années plus tard " La jeune fille
d'Andros " de Terence avait été également
donnée en traduction française.
On ne s'étonnera pas si " Abraham sacrifiant ", la
première tragédie française, a été
conçue, dans sa structure, mais aussi dans sa durée
(1100 à 1300 vers), à l'imitation des tragédies
grecques. Par la suite les tragédies qu'on représentera
en France jusqu'au début du XVIIème siècle s'allongeront
progressivement (les Juives de Garnier comptent plus de 2600 vers),
mais conserveront la structure d'alternance des scènes dramatiques
et des scènes de chur, qui sera abolie par Rotrou et
Corneille au profit de la tragédie classique.
Pour la première tragédie française, Théodore
de Bèze choisit naturellement un sujet dans l'ancien Testament.
Mais " Abraham sacrifiant " n'est pas seulement une création
esthétique, imitée des anciens, c'est, dans des termes
souvent couverts, une uvre de propagande calviniste, qui sera
publiée à plusieurs reprises durant la 2ème partie
du XVIème siècle, pour pouvoir circuler sous le manteau
en France, où elle était naturellement interdite. L'obeissance
aveugle d'Abraham aux commandements de Dieu, le personnage de Satan,
personnifié par un ecclésiastique catholique sont les
éléments les plus visibles de cette fonction de propagande.
" Abraham sacrifiant " n'a guère été
représenté au théâtre, sauf sans doute
à Genève. Par contre des représentations ont
été régulièrement données dans
les temples protestants depuis le XVIème siècle jusqu'à
nos jours.
LA REALISATION
"
Abraham sacrifiant " est écrit dans un français
le plus souvent intelligible, mais avec des constructions un peu anciennes.
Cependant l'archaïsme de certains mots, soit que leur sens ait
évolué, soit qu'ils ne soient plus usités, a
imposé de couper certains passages, en particulier des récits
se référant aux aventures précédentes
d'Abraham. Le public de 1550 à Lausanne connaissait la Bible
pratiquement par cur, ce qui n'est plus le cas aujourd'hui.
D'autres vers ont été modernisés pour en éclairer
le sens, et certains mots seront donnés avec leur sonorité
d'aujourd'hui.
Par ailleurs la musique des passages chantés à l'origine
a été perdue et ces cantiques correspondent souvent
aux récits difficiles à comprendre. Il fallait cependant
respecter l'alternance des scènes dramatiques et des passages
chantés, plus poétiques au niveau du texte. Les cantiques
seront donc soit remplacés par des psaumes réformés
dans leur version musicale de l'époque, soit conservés
avec une musique imitée de celles des autres cantiques.
Le spectacle se présente comme une lecture théâtrale
d' " Abraham sacrifiant " à la cour de Jeanne d'Albret
(qui incarne le personnage de Sarah) en 1568 . Le choix de la cour
de Jeanne d'Albret n'est pas un hasard, car parmi toutes les figures
marquantes du protestantisme au XVIème siècle, la mère
du futur Henri IV est une des plus marquantes : fille de la Marguerite
des Marguerite (sur du roi François 1er), ouverte aux
idées de la Réforme, Jeanne d'Albret fut convertie en
1560 à la religion calviniste par Théodore de Bèze.
A partir de 1563, elle imposera sa nouvelle religion dans tous ses
états, allant même jusqu'à prêcher elle-même.
Catherine de Médicis la craignait tant que, dit-on elle la
fit empoisonner quelques jours avant la Saint Barthélémy.
Théodore de Bèze est Abraham, le futur Henri IV est
Isaac, le prince Louis 1er de Condé, son oncle (frère
d'Antoine de Bourbon décédé en 1568) est un berger,
et le seul catholique de l'assistance, le cardinal de Bourbon -autre
frère d'Antoine de Bourbon et oncle du futur Henri IV- se voit
naturellement attribuer le rôle de Satan.
L'action
se situant à la cour de la Reine Jeanne d'Albret et s'agissant
d'une lecture théâtrale, les costumes sont de style renaissance
y compris pour l'action biblique. Ce choix s'explique par le fait
que j'ai voulu situé l'action à l'époque des
guerres de religions et ce, en raison de la forte influence protestante
qui a marqué l'ouvrage. Pour moi, il était en effet
impossible de dissocier " Abraham sacrifiant " du climat
religieux et politique de 1568, climat si dégradé entre
catholiques et protestants qu'il conduira le 24 août 1572 aux
massacres de la Saint Barthélémy où tant de protestants
trouvèrent la mort.
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